Table ronde : Accessibilité et numérique

Etudiants et intervenants durant la table ronde

Jeudi 12 décembre, la deuxième table ronde de l’année s’est tenue au sein de l’IUT Nancy-Charlemagne. Organisée par un groupe d’étudiants de la Licence Professionnelle Communication Publiques et Outils numériques, le sujet de cette table ronde était l’accessibilité et le numérique.

Deux intervenants étaient présents :

  • Jocelyne Crochet, non-voyante et utilisatrice d’outils numériques adaptés
  • Claude Stan, expert en ingénierie informatique, spécialisé dans les NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication)

Il existe plusieurs niveaux d’accessibilité (A, AA, AAA) qui vont du simple fait de rajouter un texte alternatif aux éléments visuels d’un site internet, jusqu’à proposer un contenu en langue des signes pour le niveau d’accessibilité le plus élevé.

Dans un premier temps, Mr Stan nous a expliqué en quoi rendre son site web accessible présente un double intérêt.
Le premier objectif est de pouvoir permettre l’accès à chaque internaute : personnes valides, seniors, personnes en situation de handicap (déficience visuelle, déficience auditive, mobilité réduite, troubles cognitifs).
Il s’avère également que les règles régissant cette accessibilité sont aussi des règles très proches de celles qui rendent possible une bonne optimisation du référencement des sites internet, permettant donc de mieux les classer dans les résultats des moteurs de recherche. 

Cependant, malgré la loi imposant à tout site d’un service public d’utiliser certaines normes favorisant l’accès à tous, nous pouvons constater aujourd’hui que ce n’est pas le cas pour grand nombre d’entre eux.
Notre intervenante, Jocelyne Crochet, a témoigné de la difficulté qu’elle peut rencontrer dans des situations de la vie quotidienne telles que changer de banque, réserver un billet de train ou encore lire un tableau sur un site. Ces actions deviennent vite compliquées, voir impossible lorsque les sites n’ont pas été suffisamment adaptés.

Nous avons ainsi pu voir certaines choses simples à mettre en place sur son site internet, mais aussi d’autres qui nécessitent un peu plus de travail :

  • proposer une alternative textuelle aux éléments visuels du site
  • la nécessité que l’ensemble du contenu du site soit accessible aussi bien au clavier qu’à la souris
  • choisir des couleurs assurant un bon contraste entre le fond et les textes, notamment pour les malvoyants.
  • permettre la personnalisation de l’affichage, en particulier la possibilité d’agrandir le texte.
  • proposer une description audio de chaque élément visuel

Pour retrouver l’ensemble des règles favorisant l’accessibilité des sites internet, vous pouvez vous rendre ici.

En tant que futurs communicants publics, cette table ronde nous a permis de réaliser l’importance de porter attention à la configuration de nos sites internet pour faciliter l’accès au plus grand nombre.

Les moteurs de recherche alternatifs

Deux outils numériques ont souvent tendance à être confondus : les navigateurs et les moteurs de recherche. Voici un petit rappel de définition avant de passer à la suite.
Le navigateur est le logiciel utilisé pour naviguer sur internet (Internet Explorer, Mozilla Firefox, Google Chrome, Safari…) alors que le moteur de recherche est le site web, ou logiciel web, qui permet de retrouver les informations sur le web (Google, Yahoo, Bing, mais bien d’autres, comme nous allons le voir).

Les dessous du plus gros moteur de recherche : Google et ses inconvénients

Créé en 1998, Google est de nos jours un acteur incontournable du web. Entre son moteur de recherche, le nombre de services disponibles et les nombreux outils collaboratifs disponibles, il est l’un des moteurs les plus utilisés dans le monde.

La part d’utilisateurs de Google en Europe représente plus de 90% des parts du marché.
Cependant, on peut relever différents problèmes à l’utilisation de ce moteur de recherche. En effet, le géant d’Internet est spécialiste dans la collecte des données personnelles, la vente de données aux annonceurs à des fins publicitaires ou encore l’analyse de nos goûts en fonction des recherches effectuées. C’est pourquoi de plus en plus d’utilisateurs se tournent vers d’autres moteurs de recherches.

Les moteurs de recherche alternatifs

Bing est un moteur de recherche géré par Microsoft, il prend le nom de Bing en 2009, mais existait auparavant en tant que Live Search, Windows Live Search et MSN Search. Ce dernier dispose d’un algorithme élaboré permettant d’apporter une meilleure qualité de recherche que sa précédente version. C’est le deuxième moteur de recherche le plus utilisé dans le monde.
Celui-ci a de nombreux points communs avec Google entre l’interface de recherche, la page d’actualités,  les photos, vidéos, une carte (Bing Maps), un outil de traduction (Bing Traduction) mais aussi un comparateur de prix. Un des points apprécié chez Bing est la présence de différents fonds d’écrans représentant des paysages du monde entier sur sa page d’accueil.
Bing encaisse les mêmes critiques que celles adressées à Google, la vie privée n’est effectivement pas protégée, notamment en ce qui concerne le suivi publicitaire, qui est similaire au géant Américain.

DuckDuckgo, lancé en 2008, est un méta-moteur* de recherche, en effet, ses résultats proviennent d’une cinquantaine de moteurs de recherche ou sites internet, comme Bing, Wikipédia, etc.

DuckDuckgo respecte la vie privée de ses utilisateurs puisqu’il n’enregistre ni l’adresse IP* ni les données personnelles de ses utilisateurs. L’unique source de revenus de ce moteur de recherche vient des annonces sponsorisées par mots-clés.

Ecosia est un moteur de recherche allemand créé en 2009 qui réinvestit au moins 80% de ses profits venant de la publicité dans un programme de protection des forêts humides mené par le WWF. Ecosia plante par exemple des arbres au Burkina Faso, au Pérou, en Tanzanie, à Madagascar et dans douze autres pays.
Il faut environ 45 recherches sur Ecosia pour planter un arbre. La page d’accueil, minimaliste, possède un compteur en direct montrant combien d’arbres ont été plantés par les utilisateurs.
Les résultats des recherches et les encarts publicitaires sont fournis par Bing. Ce moteur garantit également ne pas « vendre vos données aux annonceurs », et n’utiliser aucun « outil de suivi externe ». Des données de recherche sont certes stockées, mais elles sont anonymisées après 7 jours, et sont conservées dans une base de données « hautement cryptée ». À noter que les adresses IP ne sont pas collectées.

Qwant est un moteur de recherche français, il a été créé en 2013.
Il se différencie de Google en proposant une interface avec une barre de recherche latérale incluant les options de tri d’une recherche (web, photos, vidéos, etc). Les résultats sont présentés sur 3 colonnes : web, actualités et social.
Pour proposer ses résultats, Qwant croise les résultats de plusieurs moteurs et réseaux sociaux.
Ce moteur de recherche insiste sur le respect de la vie privée de ses utilisateurs, en ne traçant pas leurs recherches internet.

De plus, le moteur de recherche dispose de plusieurs soutiens : la Banque européenne d’investissement, mais aussi de la fondation Mozilla qui annonce que le moteur sera intégré par défaut à la prochaine version du navigateur Firefox.
Afin de poursuivre son engagement éthique, Qwant a annoncé une collaboration avec AkuoCoop, premier producteur indépendant français d’énergie renouvelable.
À savoir qu’il existe également une déclinaison du moteur de recherche, nommée Qwant Junior, à destination des plus jeunes.

Lilo a été créé en 2015, grâce à un financement participatif. C’est également un méta-moteur de recherche, il se base notamment sur Bing pour récupérer ses informations.
Ce moteur permet à ses utilisateurs de cumuler des « gouttes d’eau » pour chaque recherche qu’ils réalisent. Ces « gouttes » sont une monnaie virtuelle. L’usager choisit le projet auquel il souhaite contribuer et plus de 50 % des revenus générés par la publicité lui reviennent. Cette cagnotte donne la possibilité à l’internaute de soutenir un projet social ou environnemental.
Ce moteur de recherche connaît un certain succès, car l’utilisateur peut choisir lui-même l’organisme auquel il donne, lui donnant ainsi un réel sentiment d’implication.

De plus, Lilo affirme ne pas tracer ses utilisateurs et ne pas récolter d’informations sur leurs recherches.


Alors quel moteur de recherche choisir ?

Chaque moteur de recherche possède des particularités différentes. Alors que certains se concentrent sur le respect de la vie privée pour contrebalancer le géant de l’industrie Google, d’autres privilégient de centrer leurs efforts sur des notions d’environnement. Au final, chacun y trouvera son compte en fonction de ses attentes.

Lexique :
*Adresse IP : Une adresse IP est un numéro unique permettant à un ordinateur de communiquer dans un réseau.
*Méta-moteur de recherche : Un méta-moteur est un logiciel qui puise ses informations à travers plusieurs moteurs de recherche.