Interview « Trou Story » avec Maxime Pisano

Par Agathe Boeuf
Interview « Trou Story » avec Maxime Pisano
Interview "Trou Story" avec Maxime Pisano

Les outils numériques prennent une part importante dans notre programme d’étude. C’est ainsi que nous avons choisi de vous présenter un de nos professeurs, Monsieur Maxime Pisano, coach à l’Atelier Numérique de Google à Nancy et professeur sur les réseaux sociaux.

Quand les fêtes de fin d’année prennent une part importante dans la communication digitale

Chaque année est faite d’événements récurrents, qui reviennent tous les ans, sur lesquels les communicants diffusent de l’information. C’est ce que nous appelons un marronnier. Un marronnier, dans le domaine du journalisme et de la communication, est un article ou une publication sur les réseaux sociaux présentant des informations dites de faible importance consacré à un événement récurrent et prévisible dans l’année. Il demande peu de travail en amont, mais il reste important d’y réfléchir car il ne faut pas passer à côté pour un communiquant.

Le terme de “marronnier” provient d’un marronnier rose qui, tous les ans aux premiers jours du printemps, fleurissait au-dessus de la tombe des Gardes Suisses, tués lors de l’invasion du Palais des Tuileries le 20 juin 1792 à Paris. Ainsi, chaque année, un article paraissait dans la presse.

Le mois de décembre concentre un des plus célèbres marronniers :  des plus riches ce qui inspire les entreprises et institutions publiques. Prêts pour un petit tour d’horizon des événements qui marquent chaque année le mois de décembre?

Le bonnet du Père Noël

Quoi de mieux pour être dans l’atmosphère des fêtes de fin d’année qu’une refonte du logo d’une organisation ! L’accessoiriser de son plus beau bonnet de Père Noël donne une image plus sympathique auprès de l’audience voire même une image humoristique comme le fait Netflix, qui a choisi l’autodérision.  

Le calendrier de l’Avent

Qui dit Noël, dit aussi calendrier de l’Avent ! Cette tradition, destinée à faire patienter les enfants jusqu’au 25 décembre, est réutilisée par les organisations dans le but de fidéliser leurs clients. Proposer chaque jour de remporter un lot de cadeaux de la marque ou en lien avec l’univers de l’organisme est un moyen stratégique pour créer de nouvelles interactions. Ci-contre, vous pouvez observer la façon très esthétique par laquelle la marque Printemps Paris de proposer un concours sur son compte Instagram. Chaque jour, le community manager produit un post avec le contenu du concours en jeu et le repartage via les stories en incitant les participants à mettre en avant leur action dans leurs stories personnelles. À défaut de ne pas proposer un concours, certaines organisations proposent des comptes à rebours afin de faire patienter leur audience jusqu’au jour J. 

La journée internationale du pull de Noël

Le lundi 16 décembre est célébré la journée internationale du pull de Noël. Une occasion qui permet de se rassembler autour d’un chocolat chaud avec son plus beau pull sur les épaules. Twitch, la plateforme de streaming de jeu vidéo, a utilisé cette journée pour faire rencontrer sa communauté, notamment à Portland où les personnes ont joué le jeu de porter leur magnifique pull de Noël.

Le Père-Noël

La communication durant les fêtes ne serait pas la même si on ne parlait pas du Père Noël ou de “Papa Noël” ! Les entreprises utilisent son image de façon humoristique : en effet, Orange a choisi de mener une chasse au Père Noël dans ses boutiques. Le hashtag #AttrapezNoël a été lancé dans le but d’engager l’audience autour de la recherche spectaculaire de cette chasse au Père Noël.

Un autre hashtag et un concours ont été lancés, cette fois-ci, par Interflora. La marque propose un concours à destination de la “twittosphère” avec le #PetitsPapasCM. Le but : dans un hotte, tous les community managers d’une quelconque marque ou organisation publique proposent un lot à remporter dans la hotte du Père Noël. Ce hashtag est monté en Top Tendance des hashtags en France ces dernières semaines, ce qui met en avant l’engagement des différentes communautés dans un seul et même concours. 

Par conséquent, on remarque qu’un marronnier connaît une réelle force dans la communication des organisations ainsi que dans les lignes éditoriales des community managers et des journalistes. Un conseil : intégrez-les au plus vite de façon originale ! 

La promotion de 2019 – 2020 de la licence professionnelle communication publique et outils numériques vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année !

L’utilisation des réseaux sociaux dans la récolte de don, bonne ou mauvaise idée ?

Du 20 au 23 septembre dernier, 54 streamers1 étaient rassemblés à Montpellier afin de récolter des dons pour l’Institut Pasteur lors du Z Event. Comment ? Chaque streamer a présenté un live sur la plateforme Twitch pendant plus de 50H00 en jouant à différents jeux tels que League Of Legends, World Of Warcraft, Fortnite etc. Résultat ? 3,5 millions d’euros de dons ont été recueillis. Une question se pose : pourquoi un tel succès ?

Les campagnes publicitaires classiques à l’usage des plateformes digitales

Source : Les Restos du Coeur, données de la campagne 2017-2018.

On connaît tous ces grandes associations françaises : Les Restos du Coeur, le Téléthon, la Fondation Abbé Pierre etc.  Ces dernières organisent chaque année des campagnes de donations sur des périodes données. Leur communication passe par l’achat d’espaces publicitaires avec les moyens médias, dits “traditionnels” : l’affichage, la télévision, la radio ou encore la presse écrite. De plus, des numéros de téléphone ou des agences physiques sont instaurés afin de récolter des dons. Les Restos du Coeur récoltent des dons alimentaires, pécuniers, de jouets, de vêtements etc. dans des agences présentes dans toutes la France.

Depuis quelques années, la communication et les moyens de récolte des dons se démocratisent par le biais des réseaux sociaux. L’emplois des campagnes de  crowdfunding2 ou des dons sur Facebook sont d‘excellents exemples d’outils participant aux campagnes de dons. 

Une histoire de cible

En 2018, l’influenceur français Jérôme Jarre créé la Love Army, accompagnée d’une campagne de crowdfunding, en vue de récolter des fonds pour les Rohingyas, chassés de Birmanie. 2 milliards de dons ont été récoltés en quelques jours. Tout comme le Z Event, ces mouvements mettent en avant des influenceurs connus de tous. Les grandes associations françaises comme les Restos du Coeur mettent elles aussi en avant des personnalités publiques notamment lors du concert des Enfoirés, rendez-vous annuels pour le public français. 

Cependant, la cible n’est pas la même. Il est donc normal qu’il y ait des différences de dons ou même des records dépassés. En effet, pour le Z Event, la cible correspondait aux personnes passionnées par le monde du gaming. L’effet de groupe des donneurs durant le live

Des moyens de financement controversés ?

Ces outils de récoltes de dons posent problème. Par exemple, Facebook propose des rassembler des dons pour des anniversaires depuis 2017. Lorsque que la date approche, Facebook nous propose de faire un don pour une association à but non lucratif répertoriée dans leur liste. Tout est fait pour que nous soyons rassuré : Facebook assure, dans les pages d’aide, le transfert pécunier est direct avec l’association. Cependant un doute lié à la confiance avec les utilisateurs subsiste quant à ce transfert.

Par ailleurs, cette plateforme pose aussi problème dans le choix des associations. Facebook assure que le choix des associations est étudié au cas par cas dans le but de ne pas avoir à faire face à des problèmes tels que Paypal a pu connaître. En effet, en 2017, un groupuscule d’extrême droite a lancé une campagne de don qui avait pour but de contrarier le travail des ONG en méditerranée.

Promouvoir une cause et inciter aux dons est le but des associations caritatives. Cette démarche altruiste est une démarche parfaite pour les réseaux sociaux, qui propulsent les campagnes de donations. Mais on peut émettre des doutes sur la confiance que l’on doit avoir en eux. Finalement l’utilisation caritative de ces plateformes nous poussent à nous poser une autre question : à qui cela profite-t-il le plus ?