La reconnaissance faciale dans les services publics, opportunité ou danger ?

La reconnaissance faciale dans les services publics, opportunité ou danger ?

De plus en plus, les services publics s’intéressent à la reconnaissance faciale. Cette technique permettrait aussi bien d’authentifier une personne dans le cadre d’un contrôle d’accès par exemple que d’identifier une personne dans une foule. Pour fonctionner, la reconnaissance faciale détecte un visage, le redécoupe, l’analyse, puis compare avec les visages qu’elle possède dans une base de données.

Dans le cadre privé, les usagers utilisent la reconnaissance faciale pour déverrouiller leur téléphone par exemple. Mais il a été démontré que le système n’était pas sûr : en effet, cette donnée biométrique peut être détournée. Selon phonandroid.com, plusieurs tests ont prouvé qu’on pouvait déverrouiller la plupart des smartphones dotés de cette technologie à l’aide d’une photo, pour la technologie 2D et à l’aide d’un modelage de visage pour la technologie 3D.

Le RGPD, règlement européen, a déjà prévu de placer un cadre à la reconnaissance faciale : elle oblige toutes les organisations publiques, ainsi que privées à demander le consentement de l’utilisateur pour reconnaître son visage. De plus, l’organisation n’est pas censé conserver ce genre de données.

Avec l’évolution de la technologie, les gouvernements du monde entier ont pour projet d’intégrer la reconnaissance faciale dans la vie publique, notamment la Chine avec l’implantation de 450 millions de caméras dans les rues ou encore la France avec le projet Alisem pour s’authentifier sur les applications mobiles de service public.

La reconnaissance faciale dans le monde 

En Chine, leader de la reconnaissance faciale, un citoyen doit depuis deux mois obligatoirement scanner son visage s’il est l’acquéreur d’un téléphone portable pour pousser la technologie de la reconnaissance faciale. Avec 200 millions de caméras dans les rues en Chine et 450 millions fin 2020 dotées de 500 mégapixels (en comparaison, l’œil humain est quatre fois moins puissant)., le but est de mettre fin à l’anonymat dans le pays. Selon France Inter, lié à la reconnaissance faciale, le “crédit social” est en projet pour 2020 pour attribuer un score à chaque citoyen en fonction des données que le gouvernement dispose de lui comme l’endettement ou encore une peine de prison.

En Inde, Automated Facial Recognition System a été mis en place en mars 2020 suite au nombre accru d’enfant portés disparus, le gouvernement avait décidé de mettre en place un système de reconnaissance faciale. Le système est désormais aussi utilisé pour surveiller les manifestants. .

Aux États-Unis, plusieurs villes de l’État de la Californie ont d’ores et déjà interdit la reconnaissance faciale pour les services publics.

La reconnaissance faciale en France

Les collectivités locales et la reconnaissance faciale

Lors du Carnaval de février 2019, la ville de Nice a mise en place un dispositif de reconnaissance faciale à l’un des accès. Dans le cadre de l’expérience, les personnes devaient être volontaires pour y participer. 5000 personnes ont donné une photographie pour participer à l’expérience. Les visages avaient pour but d’être reconnues dans le cadre une recherche d’enfant par exemple.

L’expérience a renforcé l’idée de mettre en place un cadre juridique à la reconnaissance faciale de grande échelle, tel celle de Nice.

L’État et la reconnaissance faciale

Alicem, le projet d’identification par reconnaissance faciale de l’Etat français, est attendu dans les mois à venir. La France est le premier pays européen à mettre en œuvre un projet de reconnaissance faciale. La première fonctionnalité annoncée sera de permettre aux citoyens de se connecter aux services publics labellisés France Connect à l’aide de leurs visages.

La reconnaissance faciale présente donc beaucoup d’opportunités pour la vie publique. Cependant, elle présente des risques d’atteinte à la protection de la vie privée et des libertés publiques selon la CNIL qui relance le débat public à ce propos (voir sur le site de la CNIL).

Réseaux sociaux : quelle stratégie adopter pour la communication publique ?

Avec l’avènement des réseaux sociaux, les collectivités sont de plus en plus nombreuses à partir à la conquête de ces plateformes. Alors comment et pour quelles raisons se lancer ? Et quelle stratégie à adopter ? Cet article vous permettra de faire le point sur ces interrogations. 

Pourquoi les réseaux sociaux ? 

Les réseaux sociaux prennent de plus en plus d’importance dans la vie des citoyens. La présence des collectivités sur ces plateformes relève donc d’une réponse aux besoins des usagers. Les réseaux sociaux favorisent l’échange, visent à l’amélioration des services et des relations entre la collectivité et le citoyen. De plus, ils offrent de la visibilité et permettent de travailler une certaine image de marque. Ils créent de l’attractivité et de l’interaction avec les usagers, contribuent à l’information et à la valorisation des atouts d’une collectivité. 

Les réseaux sociaux oui, mais avec quelle stratégie ? 

Élaborer une stratégie web est nécessaire pour mener à bien votre campagne de communication. Il faut penser « stratégie » et non « outils ». Dans un premier temps, votre stratégie doit porter sur des objectifs et indicateurs SMART. La méthode SMART est constituée de 5 indicateurs : 

  • Spécifiques : les objectifs doivent être clairs, précis et compréhensible par tous 
  • Mesurables : les objectifs doivent pouvoir faire l’objet de mesure qualitatives et quantitatives
  • Atteignables : les objectifs doivent être ambitieux, motivant et partagés par tous
  • Réalistes : les objectifs doivent être pertinents et cohérents, doivent avoir du sens 
  • Temporellement définis : ils doivent être définis dans le temps pour pouvoir être mesurés 

Ce sont ces objectifs qui influenceront directement vos plans d’action à mettre en place. 

Dans un second temps, définissez les cibles à atteindre. L’utilisation d’un persona, c’est à dire un profil type, peut vous aider à dresser précisément le profil de vos cibles. Renseignez sa tranche d’âge, son cadre de vie, ses besoins, ses motivations, quels réseaux utilise-t-il et à quel moment etc. Notez aussi que vos cibles sont inévitablement multiples. Il faut prendre en compte les cibles secondaires ainsi que les cibles relais. Elles concernent, d’une manière ou d’une autre, ceux que vous identifierez comme pouvant avoir une influence sur votre cible finale. Les plus connues sont les blogueurs, les influences ou encore les journalistes. 

À chaque réseau sa cible 

Pour communiquer efficacement, il est indispensable d’établir ses cibles mais aussi de choisir méthodiquement quels réseaux sociaux vont être utilisés. Il est important d’identifier l’utilisateur, le choix des réseaux et quel usage en fait-il. Une veille peut être effectuée pour répondre à ces questions. 

Ces données répertoriées et illustrées par StatusBrew, une suite complète d’outils pour gérer les réseaux sociaux, montrent que : 

Facebook, plateforme n°1 à travers le monde, compte 500 millions d’utilisateurs actifs. Ils y consacrent en moyenne 35 minutes par jour. Néanmoins la cible jeune public quitte de plus en plus la plateforme pour se diriger vers d’autres réseaux comme Instagram. 

Au 1er trimestre 2019, Twitter comptait 330 millions d’utilisateurs actifs par mois. 74% l’utilise pour consulter les actualités. La plateforme compte peu de nouveaux utilisateurs mais elle reste tout de même très utilisée par les professionnels. Les 16-24 ans sont majoritaires et représentent 33% des utilisateurs. 

Linkedin avec 590 millions de membres à travers plus de 200 pays, dont 18 millions d’utilisateurs en France, le réseau est n°1 pour les relations professionnelles.

Pinterest, c’est 265 millions d’utilisateurs actifs par mois sur le site. 98% des utilisateurs expérimentent des idées trouvées sur le réseau. Les utilisateurs sont majoritairement des femmes (environ 80%). Il n’y pas véritablement de tranche d’âge, mis à part les 15-25 ans qui y sont très peu nombreux. 

Instagram, le réseau dominant chez les moins de 35 ans. C’est un réseau incontournable pour gagner en visibilité. Il dispose d’un grand atout qui sont les stories, un contenu éphémère et personnalisable qui touche directement les utilisateurs. L’interactivité de ce format entraine du trafic vers votre site internet par le biais d’un lien intégré. Il vous permet également de proposer des vidéos en direct, offrant un contenu exclusif et unique aux utilisateurs. 

Snapchat compte plus de 300 millions d’utilisateurs actifs par mois, dont 190 millions par jour. 45% des utilisateurs ont entre 18 et 24 ans. Grand concurrent d’Instagram, ce réseau est très apprécié du jeune public. 

Analysez vos résultats 

Souvent oubliée des communicants par manque de temps, l’analyse des résultats reste néanmoins une étape très importante. En effet, elle permet de savoir où vous allez, si vos objectifs sont atteints ou même de changer de stratégie au cours d’une campagne. Pour analyser les retombées de vos actions, vous pouvez définir des indicateurs : 

Mesurer l’audience : c’est à dire le nombre de personnes touchées par votre média 

  • Nombre d’impressions (apparition sur l’écran des internautes) 
  • Nombre de visites du site web en provenance de vos réseaux sociaux 
  • Moyenne d’âge des personnes qui vous suivent 
  • Répartition par sexe des personnes qui aiment votre page 

Mesurer l’engagement : c’est à dire le nombre d’interactions que génère votre média 

  • Nombre de mentions j’aime sur vos publications 
  • Nombre de partages 
  • Nombre de clics sur vos liens 
  • Nombre de commentaires

Mesurer la notoriété : le fait d’être connu et reconnu 

  • Nombre d’abonnés sur votre page 
  • Nombre de fois où votre organisation est mentionnée dans d’autres publications

En conclusion, il est nécessaire de bâtir une stratégie pour atteindre efficacement vos objectifs. Jouez la carte de l’interactivité pour marquer votre présence, encouragez le dialogue. Montrez-vous à l’écoute et répondez toujours aux sollicitations qui vous sont adressées.

14ème édition de la Journée européenne de la protection des données

Le mardi 28 janvier 2020, s’est tenu comme chaque année depuis 2006, la Journée européenne de la protection des données à caractère personnel, également appelée “Privacy Day”. Initié par le Conseil de l’Europe et relayée par la Commission européenne, cette journée a pour vocation de sensibiliser les citoyens européens aux bonnes pratiques en matière de protection des données et du respect de leurs libertés et droits fondamentaux, en particulier de leur vie privée. La date symbolique choisie à cette occasion fait référence à l’ouverture à la signature de la convention sur la protection des données, plus communément appelé STCE n°108.

Dans la vie quotidienne, nombreuses sont les informations personnelles qui sont enregistrées dans des fichiers, traitées, communiquées, utilisées… Un effet qui est multiplié par l’apparition de technologies nouvelles et nomades. Que ce soit des particuliers, des entreprises ou des organismes publics, ceux-ci sont tous, indépendamment de leurs tailles, confrontés au risque d’être les victimes d’incidents pouvant conduire à une perte, une fuite ou un piratage de leurs données. C’est pourquoi, à l’ère du numérique, la distinction entre vie privée et identité virtuelle est de plus en plus compliquée et amène à se questionner sur la diffusion des informations personnelles et leur protection. Un questionnement fondamental au coeur de notre monde contemporain où les technologies sont omniprésentes au quotidien.


Cette journée européenne est donc l’occasion pour de nombreux acteurs tels que les gouvernements, les parlements, les organismes nationaux de protection des données de mener des actions de sensibilisation destinées au grand public les droits à la protection des données. En effet, de nombreuses campagnes, des projets éducatifs pour les étudiants et les enseignants et des conférences sont organisés à l’occasion de cette initiative citoyenne ainsi que des opérations de portes ouvertes dans les agences de protection des données comme la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés)

A cette occasion on vous donne quelques conseils pour veiller à votre cybersécurité !

  • Choisir un bon mot de passe

TeamsID, la solution qui œuvre pour la protection des clefs d’accès, référence chaque année les plus mauvais mots de passe des utilisateurs.  Bien trop souvent, les mots de passe sont trop faibles et prévisibles (dates d’anniversaires, prénoms des membres de la famille). D’après la CNIL, un « bon » mot de passe doit contenir au minimum 12 caractères avec des minuscules, des majuscules, des chiffres et des caractères spéciaux.

  • Sauvegarder les données

Afin de se prémunir contre les pertes, casses ou vols d’équipements, il est primordial d’effectuer des sauvegardes pour préserver les informations importantes sous un autre support, tel qu’une mémoire externe. On peut envisager l’utilisation d’un Cloud comme Google Drive, ICloud, OneDrive mais avec prudence car ils restent sujet à d’éventuelles fuites.

  • Sécuriser le réseau sans fil et ne pas utiliser les réseaux publics

Il est recommandé de masquer son réseau wifi en configurant le point d’accès sans fil. L’explosion des réseaux wifi gratuits et publics représente une véritable aubaine pour les professionnels. Étant donné que ces points d’accès sont disponibles dans les restaurants, les hôtels, les aéroports, les librairies voire auprès de certains détaillants, vous avez la possibilité d’accéder rapidement, sans grand détour, à votre réseau.

  • Bloquer les cookies

Les cookies, ces petits fichiers installés à l’insu de l’internaute lorsqu’on navigue sur le Web détectent et enregistrent les achats, les sites consultés afin de proposer de la publicité ciblée plus communément appelé retargeting. Il est possible de les déjouer, en les refusant à l’entrée des sites, en les bloquant, en configurant les paramètres ou en activant la navigation privée.

  • Utilisation de pare-feu

Il est essentiel de mettre en place des dispositifs qui seront en mesure de détecter les programmes malveillants. Le pare-feu permet de définir quels sont les types de communications autorisés sur le réseau informatique. Il surveille et contrôle les applications et les flux de données.

  • Check-up Confidentialité Google

Enfin, à l’occasion de cette journée particulière, Google a mis en place sur la page d’accueil, une fonctionnalité permettant aux utilisateurs de faire un « Check-up Confidentialité » permettant de vérifier les paramètres clés et les données utilisées par le moteur de recherche pour personnaliser leur expérience.

En somme, on comprend qu’il est aujourd’hui nécessaire de prendre conscience de nos responsabilités, de nos droits et devoirs en tant que citoyen dans le cyberespace et veiller à la protection de nos identités individuelles et virtuelles.