Conférence Cap’Com « Construire sa communication au-delà de la réforme territoriale »

Par lpcpon

L’édition 2014 de Cap’Com, rassemblant les communicants de la fonction publique, avait lieu à Nancy et Metz. Une aubaine pour nous ! Certains étudiants ont eu le privilège d’assister à 6 débats ou conférences. En voici la synthèse de ce que chaque étudiant en a retenu. 

Le thème de la conférence donnée le 11 décembre 2014 était « Construire sa communication au-delà de la réforme territoriale ». Elle débutait par un retour avec Mathieu Klein, président du Conseil Général (CG) de Meurthe et Moselle, sur la réforme territoriale engagée depuis 2008. Fort utile pour nos révisions d’avant partiels, il a retracé les grandes étapes de la réforme et fait le point sur l’avenir de nos départements.

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Ces multiples changements et indécisions quant aux conséquences de la réforme ont été une difficulté de plus pour les services de communication et se sont ajoutés aux difficultés financières dues à la crise. Mathieu Klein a souligné le fait que la communication doit apporter une lisibilité de la réforme territoriale et renforcer le lien entre les intercommunalités et les habitants, sans transposer les inquiétudes des élus dans le débat public. Il faut se concentrer sur le contenu dans un souci d’efficacité et non sur le contenant.

Faisant suite à cette introduction plutôt institutionnelle, la première table ronde évoquait « Quand la réforme brouille la communication institutionnelle. Quel sentiment d’appartenance pour ces territoires en recomposition ? ».

A cette problématique de la communication en pleine réforme s’ajoute les contraintes de la communication pré-électorale (le délai d’1 an avant les élections ; cantonales en mars 2015, régionales en décembre 2015).

Quatre intervenants ont échangé sur cette problématique en l’illustrant par des cas concrets rencontrés en situation professionnelle.

Cas 1 : Philippe Debondue, directeur de communication du Conseil Général (CG) du Rhône a témoigné de la situation particulière de son département, restructuré avec l’apparition de la métropole lyonnaise. L’objectif de communication est donc celui d’expliquer la situation. Pour cela, les supports utilisés sont les sites web du CG et de la métropole de Lyon, l’affichage, la newsletter mensuelle avec video et les réunions internes régulières afin de rassurer et d’informer les agents.

Cas 2 : Philippe Lancelle, directeur de communication du Conseil Régional (CR) de Franche-Comté, a ensuite expliqué comment la fusion entre Bourgogne et Franche-Comté avait été anticipée par les deux présidents des CR, ainsi que les actions de communication pour faire « passer la pilule » aux habitants des deux régions : les supports utilisés ont été : 5 mois de concertation « Paroles aux franc-comtois » sur le site des régions, mise en place d’un espace dédié à l’union des régions avec forum de discussion, 4 journées de rencontre dans les départements auprès des élus, acteurs économiques, acteurs associatif, et habitants), 2 journées citoyennes au CG (300 personnes invitées), espace d’information sur l’intranet des CG, comité des sages, rapports d’experts universitaires.

Cas 3 : La communication de la communauté dagglomération (CA) de Maubeuge-Val de Sambre expliquée par Marie Wisniewski, directrice de la communication de la communauté dagglomération de Maubeuge. En décembre 2013, la CA fusionne avec la communauté de communes (CC) du Nord-est Avesnois, de la CC de Nord Maubeuge et de la CC de Sambre-Avesnois.

Cette fusion a connu une grosse opposition, avec des recours juridiques déposés de la part d’élus “absorbés” par la CA. Ceci a fortement impacté la communication de la nouvelle entité.

Les objectifs de communication était donc d’expliquer et de démentir les communications négatives. Pour cela, les supports et moyens utilisés ont été : site internet rénové, large communication dans les publications de la CA, diffusion d’une « lettre du Président » expliquant les décisions, diffusion d’un « Vrai/Faux » sur les rumeurs à propos de l’organisation de la nouvelle intercommunalité, conservation du nom de CA Maubeuge-Val de Sambre afin de ne pas briser une identité se mettant à peine en place, nouvelle signalétique de territoire sur la CA. Les relations presse ont également été renforcées, surtout en zones rurales où les agents ont été responsabilisés afin de devenir des ambassadeurs de la CA. La communication auprès des élus locaux a été améliorée car ils sont les relais des messages de la CA auprès des habitants.

Cas 4: Jacques Moisse, inspecteur général au Service public de Wallonie, travaillant au département de la communication, nous a exposé les leçons à tirer de l’exemple de la Wallonie. La Belgique est plus avancée que la France dans l’expérience de la réforme territoriale car les communes ont commencé à fusionner dans les années 1970. Le pays connait actuellement sa 6e réforme de l’Etat. Les objectifs sont donc de maintenir la continuité des services publics (SP).

Les supports utilisés sont les spots pubs (avec focus sur les SP), les magazines institutionnels, la création d’un nouveau logo et de nouveaux noms… tout ça traité avec l’humour belge !

La deuxième table ronde se questionnait sur « Les SP comme premier support de communication territoriale ? ».

Cette deuxième table ronde donnait la parole en seconde partie de matinée à Nicolas Pannier, directeur général adjoint de la ville de Nancy, à Valentine Rondelez, directrice de SITA Nord-Est, et à nouveau à Philippe Debondue et Jacques Moisse.

Ce dernier a à nouveau cité l’exemple de la Wallonie dans l’utilisation des services publics (SP) comme premier outil de communication territoriale : il a évoqué la création d’une Maison des SP (idée reprise ensuite par la France). Cette manière de communiquer ajoute une dimension transversale aux SP car on ne traite plus l’eau, les déchets ou autre de façon séparée dans la communication mais chaque problématique est intégrée à une autre de manière transverse.

Les contraintes budgétaires obligent à mieux sélectionner les messages car dans le même temps l’écoute des habitants se fait plus forte (hausse de fréquentation des sites institutionnels).

Exemple de la SITA , filiale du groupe Conférence Cap'ComSuez Environnement, offrant des solutions de gestion et de valorisation des déchets : cette entreprise a demandé davantage de coopération des intercommunalités, a travaillé en coopération avec les services communication et a réalisé un véritable plan de communication afin de cibler les usagers. Les modalités de communication sont désormais intégrés dans les cahiers des charges et les marchés publics.

Cette conférence, très ancrée dans les problématiques publiques actuelles, était extrêmement intéressante car directement en lien avec les cours théoriques dispensés durant le premier semestre. L’intérêt des témoignages résidait surtout dans les exemples concrets de mise en place de stratégie et d’outils de communication.

Nicolas Holl, Capucine Ganz

Étudiants de la licence professionnelle CP&ON 2014-15