Conférence Cap’Com « Le site web a-t-il encore sa place dans l’écosystème numérique? »

Mercredi 10 décembre 2014, un petit groupe de notre promo LP CP&ON a eu la chance d’assister à certaines conférences du Forum Cap’Com 2014 à Nancy.

Le thème de la conférence à laquelle nous avons pu assister était “Le site web a-t-il encore sa place dans l’écosystème numérique?”.

Pilotée par Marc Cervennansky, la conférence a fait participer différents acteurs: Gaëlle Rivoal, responsable du pôle innovation et multimédia du Conseil général Loire – Atlantique, Hugues Dauta, responsable web de la ville d’Eysines et Philippe Deracourt, chef de projet communication numérique au Conseil général du Val-de-Marne et délégué général de l’association Communication publique.

Clavier d'ordinateur - Life of Pix

Clavier d’ordinateur – Life of Pix

Voici les liens de leurs sites respectifs :

Les sites internet sont en perpétuelle évolution et aujourd’hui on peut se questionner sur la place qu’ils occupent dans les collectivités. Gaëlle Rivoal nous explique que le site internet fait partie d’une nouvelle stratégie média du département et met en évidence la volonté d’un positionnement précis pour chacun des supports médias du Conseil Général Loire-Atlantique. Elle nous précise un point essentiel au bon fonctionnement des nouveaux sites internet en nous disant qu’il faut éviter la surabondance d’informations, car cela pourrait éloigner les internautes cibles de leur but.

Il est également important de demander l’avis des internautes pour la conception des nouveaux sites car ils veulent des informations précises et individuelles. C’est ce qu’explique Philippe Deracourt lorsqu’il parle de décalage entre information de masse et les attentes très ciblées des internautes. Selon lui, il y a trois informations essentielles à transmettre : une carte, un guide des aides, et des offres d’emplois. Enfin, il ajoute que certains services doivent désormais être accessibles sur internet.

Pour Hugues Dauta, le site de la ville d’Eysines n’avait tout d’abord pas assez de contenu et il ne répondait plus suffisamment aux demandes des internautes. D’après lui il était nécessaire de s’adapter au web et d’élargir le panel des services proposés. Pour ces raisons, ils ont décidé de mettre en place une stratégie numérique plus globale et synchronisée (création d’une page Facebook, nouveau site, etc.).

Eysines

Site ville d’Eysines

Chacun de nos trois intervenants a utilisé sa propre méthodologie de travail. Hugues Dauta est parti d’une étude des sites des collectivités voisines. Il a ensuite fallu se coordonner entre les services de la ville d’Eysines afin de rendre un travail cohérent. La collectivité insiste sur le fait qu’elle ne veut pas autoriser la mise en place de commentaires sur le site internet.

De son côté, Gaëlle Rivoal nous explique le challenge auquel elle a dû faire face : proposer un site internet qui facilite l’accès à l’information et cela, de manière simplifiée pour les utilisateurs. Pour palier à cette difficulté, le Conseil Général Loire-Atlantique a organisé le travail en deux parties: la création de propositions à la manière d’un brainstorming puis à travers des groupes de travail. Gaëlle Rivoal a travaillé de façon très étroite avec les services qui s’occupaient du contenu. Au final, ce projet a permis de travailler sur plusieurs sites thématiques.

Selon Philippe Deracout, chaque site internet de chaque commune est à la fois important et « propre ». Pour lui, c’est l’institution qui est en ligne à travers un développement du numérique. Il insiste sur l’importance d’une navigation orientée pour l’utilisateur : il y a eu une vraie recherche sur les besoins et les attentes de l’utilisateur ; la difficulté est qu’il y a beaucoup de cibles différentes, c’est pourquoi ils ont décidé de travailler à partir de parcours utilisateurs types, des « personas ».

CG-ValdeMarne

Site Conseil Général Val-de-Marne

Comme le Conseil Général Loire-Atlantique, le Conseil général du Val-de-Marne a mis en place un comité de stratégie numérique. Ils ont voulu mutualiser et réorganiser leurs 27 sites différents en un système d’accueil global.

Pour chacune des structures il y a eu un important travail d’écriture et de réécriture afin de s’adapter à toutes les cibles.

Parmi les difficultés auxquelles les trois structures ont du faire face, nous retrouvons le caractère politique car il faut prêter attention au parti pris du service. Comme le souligne Philippe Deracourt, les sites internet institutionnels sont aussi un outil de développement de la politique, c’est pourquoi il est indispensable d’avoir le soutien des élus.

La deuxième difficulté est que le site ne doit pas devenir un «guichet de service», il faut penser que l’on fait de la communication institutionnelle. C’est pour cela que Gaëlle Rivoal a décidé que la page d’accueil devait présenter trois groupes d’informations : les services, l’actualité et la communication strictement institutionnelle.

Image du site du Conseil Général de Loire-Atlantique

Site Conseil Général Loire-Atlantique

Philippe Deracout ajoute qu’il est difficile d’adapter certains services au web et de rester en accord avec tous les publics en même temps.

Enfin, Hugues Dauta nous fait part d’un autre obstacle: la peur du numérique de la part des services de la collectivité, d’où la nécessité de pédagogie.

Après quelques retours sur leurs sites internet, nos trois intervenants nous donnent leurs conseils. Tout d’abord, Hugues Dauta nous explique l’importance d’avoir un cahier des charges complet, sans être trop complexe. Il s’accorde avec Gaëlle Rivoal pour dire qu’il est intéressant de laisser un peu de marge aux prestataires afin qu’ils apportent leurs idées. Elle précise également qu’une enquête en amont et des entretiens individuels sont très utiles à la définition des besoins, point essentiel à la réalisation d’un site performant.

Hugues Dauta ajoute qu’il serait intéressant de créer un espace dédié aux associations et qu’il est important de créer un minimum d’interactivité, par exemple à travers la possibilité de télécharger des documents.

Pour Gaëlle Rivoal, les premiers retours sont positifs avec une progression du trafic de 10% et une périodicité plus forte lors de la rentée scolaire. Elle nous conseille de garder un parti pris bien défini et de le défendre sur les différents canaux du projet, il faut de la cohérence.

L’accessibilité est un autre point à ne pas négliger et pour lequel il faut se faire conseiller. Tout comme l’accessibilité, le responsive design est également un aspect dont il faut tenir compte, et cela dès de début du projet.

D’après Philippe Deracout, le nouveau site facilite la navigation mobile, il offre un nouveau service. Par contre, les PDF ne sont pas accessibles. Son conseil est de maîtriser les coûts d’un cahier des charges qui serait très ouvert. Comme pour Gaëlle Rival, le Conseil Général du Val-de-Marne a des échos relativement positifs sur son site web.

Pour répondre à la question « Les collectivités ont-elles réellement besoin d’un site internet ? »

Philippe Deracout nous dit oui d’un air décisif car pour lui, le site internet reste un lieu de référence, de confiance qu’il faut valoriser ; c’est un lieu de ressources pour les internautes.

Gaëlle Rivoal s’accorde aussi dans ce sens car il faut donner de la visibilité à l’activité des collectivités, et cela en ayant un site hiérarchisé. Elle ajoute qu’on peut même posséder plusieurs sites en fonction des besoins, des objectifs et des cibles.

Hugues Dauta, lui, décrit le site internet comme un lieu ou on peut héberger des informations qu’on ne peut pas héberger sur d’autres lieux et permet la transmission d’informations en continue. Pour lui, les sites des collectivités sont encore essentiels.

Une question annexe a été posée lors de la conférence concernant le temps de la réalisation des nouveaux sites :

Gaëlle Rivoal : Avril 2013 à février 2014.

Philippe Deracout : 2 ans et demi en comptant l’audit.

Hugues Dauta : 1 an environ.

 

Maïa Riehl, Adrien Morlet

Étudiants de la licence professionnelle CP&ON 2014-15