La Saint-Nicolas c’est l’identité de Nancy

La Saint-Nicolas c’est l’identité de Nancy

SAINT-NICOLAS : Interview de Véronique FACQ, directrice du CDT 54 (Comité Départemental du Tourisme de Meurthe-et-Moselle) et Florence DOSSMANN, responsable communication touristique à NTE (Nancy Tourisme et Evénements).

Les festivités de la Saint-Nicolas ont débuté le 24 novembre dernier et se prolongeront jusqu’au 7 janvier 2018, à Nancy. Les villes de Nancy et de Saint-Nicolas-de-Port, la Métropole du Grand Nancy, Nancy Tourisme et Evénements, l’association « Les Vitrines de Nancy » et le Comité départemental du Tourisme sont acteurs de cette manifestation. Véronique FACQ et Florence DOSSMANN ont répondu aux questions posées par le Groupe Com’Main, de la LP CP&ON, en faisant le lien avec différents enseignements, tels que marketing territorial, stratégie de communication, développement territorial, communication culturelle…

Quels sont les rôles du CDT 54 et de NTE dans la fête de la Saint-Nicolas ?
Véronique FACQ : « Notre rôle principal et de mettre du liant dans cet événement, pour que chacun se l’approprie ».
Florence DOSSMANN : « Nous mettons à disposition les outils de promotion et de communication autour de la fête de Saint-Nicolas. Notre rôle est également de promouvoir la manifestation auprès du territoire ».

En quoi la fête de la Saint-Nicolas est-elle un marqueur identitaire de la Lorraine ?
V. F. : « Saint-Nicolas est une fête identitaire du territoire, et en particulier de Nancy et de Saint-Nicolas-de-Port. Quand on lit l’histoire de la Lorraine, il y a une référence à l’histoire de la Saint-Nicolas et nous pouvons raconter cette histoire. Nancy s’est approprié l’histoire de la Saint-Nicolas, car elle est en mesure de la démontrer, avec l’existence d’une relique de Saint-Nicolas, dans la Basilique de Saint-Nicolas-de-Port. Il y a toute une symbolique derrière cette histoire. En effet, c’est le maire de Nancy qui remet les clés de la ville à Saint-Nicolas.  Il y a aussi un miroir des fêtes de la Saint-Nicolas, à Paris. Avec une mise en musique de l’histoire de la Saint-Nicolas ».

Qui est chargé de la communication de cet événement ?
V. F. : « Nous ne sommes pas chargés de la communication de cet événement. En revanche, nous relayons l’information sur la page d’accueil de notre site en publiant la photo et nous racontons le début de l’histoire, pour inciter les internautes à cliquer sur la photo et à venir à Nancy. Saint-Nicolas fait partie des incontournables, c’est l’avantage concurrentiel du département. C’est avant Noël, donc c’est le lancement des festivités familiales de fin d’année ».
F. D. : « La communication est partagée avec la ville de Nancy et la Métropole du Grand Nancy. Nous décidons d’un plan de communication et chacun met au pot, avec un même visage et un même message ».

Qui crée les affiches de la Saint-Nicolas ?
F. D. : « Depuis deux ans la ville de Nancy se charge de la création des affiches. Elle a imposé sa charte graphique et nous remet les visuels et les codes couleurs beaucoup plus tôt que par le passé ».

Quelles valeurs se dégagent de cet événement ?
V. F. : « C’est l’identité d’un territoire. On ne le retrouve nulle part ailleurs en France. Les enfants sont acteurs de l’histoire, ce qui concourt au fait que les familles adhèrent. Et derrière tout cela, il y a tout un univers un peu magique, très différent de Noël, et pour lequel les gens sont très attachés. Toutes les communes s’impliquent avec ses habitants et ses bénévoles, ce qui crée du lien.

Pouvons-nous évoquer la notion de développement durable lorsque nous parlons de la fête de Saint-Nicolas  ?
F. D. : « C’est une manifestation très ancienne, pérennisée, qui candidate aujourd’hui pour son inscription au patrimoine culturel et immatériel de l’Unesco ».

Comment attirer un nouveau public ?
V. F. : « La mise en musique de la fête de la Saint-Nicolas permet de dévoiler, un peu, une partie des festivités et de dire : le gros spectacle de Saint-Nicolas c’est à Nancy, et en plus il y a un feu d’artifices. Peu de villes offrent un feu d’artifices au moment des fêtes de fin d’année. On peut se poser la question suivante : est-ce qu’on veut développer cette fête et en faire un argument commercial et du tourisme de « masse » ? Et de ce fait on dénature un peu l’événement. Le reproche qui est fait actuellement, par exemple pour les marchés de Noël de Paris et Strasbourg, c’est de ne pas faire la promotion du territoire et de ne pas valoriser les circuits courts et les savoir-faire du territoire. C’est compliqué de mettre en place une attractivité forte sans dénaturer. On peut se dire c’est une fête identitaire mais c’est aussi une excursion à la journée. Il faut donc adapter le programme. Cette année, le défilé a lieu le samedi soir, pour permettre aux enfants d’assister, sans avoir école le lendemain, et aux personnes venues de loin de repartir après les festivités et donc, peut-être, de générer une nuitée. Mais pour générer une nuitée dans un public « famille », il faut pouvoir proposer des produits qui s’adaptent à ces familles. C’est tout un ensemble qu’il faut ajuster.

Quelles sont les nouveautés en 2017 ?
F. D. : « La grande roue érigée place Carrière et la patinoire installée place Thiers sont deux nouvelles animations. Ce sont les forains qui ont proposé à la ville de Nancy de participer à l’événement. Preuve que la manifestation est suffisamment attractive et a un écho positif ».

Pouvons-nous parler de marque partagée et d’activité holistique ?
V. F. : « Il y a quelques années, nous avions pré-acheté un livre réalisé sur la Saint-Nicolas. Il nous était paru intéressant que le département puisse s’appuyer sur cette fête identitaire pour valoriser son attractivité. L’histoire de la Saint-Nicolas s’adapte au niveau des collectivités territoriales puisque chacune réalise un char sur une thématique définie en concertation. Elles ne le font pas de façon individuelle, puisque tous les chars vont se retrouver sur le même parcours et arriver ensemble Place Stanislas. S’en suit alors le cérémonial.
Les restaurateurs utilisent la marque de la Saint-Nicolas en proposant des menus spécifiques. Les pâtissiers confectionnent, chaque année, une bûche « Saint-Nicolas ». On peut alors parler de valeur partagée, car c’est un élément différenciateur, d’une stratégie de marketing territorial, qui concourt à l’attractivité. Et l’attractivité étant, par définition, partagée.