La Lorraine, un territoire cinématographique ?

Il est évident que quand nous parlons cinéma, nous n’évoquons jamais – voire rarement – la Lorraine. Loin des westerns tournés en Italie, des films d’horreurs de l’Europe de l’Est ou encore des blockbusters hollywoodiens, cette région a pourtant connu et vu le passage de nombreux réalisateurs. Quelques personnes, membres du CREM, se sont penchées sur le sujet pour nous proposer un travail complexe et complet qui fait le panorama des films tournés dans notre région. Retour sur une journée de présentation.

« Les Bobines de l’Est » est un projet qui a vocation à mettre en avant les productions cinématographiques produites, comme son nom l’indique, dans la région Grand-Est. Bien qu’il soit parti sur la Lorraine, le projet s’élargit désormais à l’ensemble de la nouvelle région (mise en place depuis la loi NOTRe). Des étudiants de la promotion ont eu la possibilité de participer à la journée de présentation et de débats le Lundi 2 Octobre à l’IUT Nancy Charlemagne. Différents intervenants ont pris la parole à tour de rôle pour présenter le projet, l’impact et la perception des territoires à travers les films. L’après-midi était dédiée à une série de débats et la soirée se concluait à l’UGC de Ludres avec la projection du film « Une Enfance » (2015), réalisé par Philippe Claudel.

Ce travail de recherche met en évidence les territoires de notre région et comment ils sont interprétés dans les long-métrages cinématographiques. On y apprend comment les villes s’arrangent pour faire du placement de produit (ou placement de « territoire »). Ce n’est jamais évident à orchestrer. Soit dit en passant, un chargé de relation avec les boîtes de production et une journaliste présents dans la salle durant les débats du matin nous ont très clairement fait comprendre qu’il était impossible de savoir à l’avance quelles seraient les retombées pour le territoire. Les réalisateurs, toujours selon eux, ne prêtent d’ailleurs guère attention à ces chiffres…

Les scènes enregistrées sont bien souvent présentes pour contextualiser les histoires et non pas pour faire la promotion d’un endroit, c’est le cas par exemple du film « Tous les soleils » où l’on peut voir l’intérieur de la MJC Lillebonne de Nancy mais le spectateur non averti n’est pas sensé reconnaître le lieu sans s’informer en profondeur sur le film. A contrario, certains films font clairement référence à un territoire comme « Ville à vendre » de Jean-Pierre Mocky (1992) où la majorité du film se déroule en Moselle avec notamment des scènes à Rombas, Amnéville ou encore Metz.

Comme expliqué en début d’article, la grande majorité du travail se concentre pour le moment sur la Lorraine mais s’élargit progressivement vers l’Alsace et la Champagne-Ardenne. Il faut garder en tête que le projet essaie, à juste titre, de revaloriser le patrimoine Lorrain et ne se contente pas d’établir une simple énumération des films tournés dans notre région. Il y a un véritable désir de s’établir à long terme dans le paysage numérique, cinématographique et culturel de la région afin d’attirer de potentiels futurs réalisateurs. Les différents acteurs du monde du grand écran et les collectivités territoriales doivent se réunir et co-construire notre avenir culturel et la perception qui en découle. Les habitants locaux sont aussi ciblés par ce projet puis qu’il y a une forte méconnaissance de la présence de la Lorraine dans le cinéma dans l’esprit commun.

Evoquons aussi les gros enjeux d’image à développer que les différents intervenants du CREM ont clairement mis en évidence via des enquêtes et analyses.

Par exemple, il en ressort que Nancy est vue d’après les étudiants comme étant une ville culturelle très riche. Il y a une offre culturelle très importante et la Métropole du Grand Nancy s’implique activement dans son développement. Rappelons qu’elle a été élue ville la plus agréable de France en 2006, 2007, 2008 et 2010 par le magasine de l’Obs ! « Les Bobines de l’Est » prouve donc qu’il y a une véritable opportunité pour l’augmentation de tournages de films dans notre région. Il y a un public réceptif prêt à s’impliquer dans ce développement.

La Lorraine véhicule de fortes images (histoire, place Stanislas, châteaux de Lunéville ou de Haroué, montagnes des Vosges, la cathédrale de Metz, les mémoriaux de la Meuse…)  et représente des symboles forts : région marquée par la guerre, le travail des mines, l’annexion des Allemands à plusieurs reprises… Ces clichés peuvent être travaillés pour être mis en avant d’une nouvelle façon, mais les réalisateurs peuvent également insister sur des atouts méconnus de nos territoires : tranquillité des Vosges, patrimoine architectural de Nancy ou Metz, présence forte d’un artisanat local, etc.

Si certains réalisateurs n’utilisent que quelques images, d’autres à l’instar de Philippe Claudel vont faire ressortir leur profond attachement à une région. Ce réalisateur né en Meurthe-et-Moselle n’hésite pas à placer les endroits de Nancy dans son film (comme la place Stanislas ou le parc de la Pépinière). Notre région pourrait donc devenir un espace privilégié pour le tournage de long-métrages et les collectivités vont définitivement continuer à travailler en ce sens pour mettre en avant les atouts locaux.

 

Cliquez sur la carte pour découvrir les films tournés dans la région Grand-Est

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Application mobile "Bobines de l'Est" disponible sur Google Play et App Store

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Une liste de références à la région Grand-Est (source: Les Bobines de l’Est)

  • Boîte de Bergamottes de Nancy de Lefèvre Georges dans « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain »
  • Scènes à Homécourt dans « La Provinciale »
  • Mentions sonores et écrites dans de « L’or pour les braves »
  • Plans sur Maxéville et Nancy dans « Bye Bye Blondie »

 

 

 

 

Nous vous invitons vivement à garder un oeil sur ce projet qui continuera à évoluer et fera très certainement parler de lui prochainement !