Maxime Pisano, un communiquant façon 2.0

Maxime Pisano, un communiquant façon 2.0
Maxime Pisano, chargé de communication numérique au sein du SMD. Photo: Alexandre Neto

.Chargé de communication numérique de métier, Maxime Pisano, enseigne également depuis plus de sept ans ses connaissances au sein de l’IUT Charlemagne à Nancy. Pour nous, il a accepté de se livrer et partager son expérience de community manager au sein du Syndicat mixte pour la gestion des déchets ménagers et assimilés des Vosges (SMD). Rencontre et entretien avec un communicant version… 2.0.

Quand on s’intéresse à votre parcours, on remarque vite que celui-ci est assez atypique. Vous avez commencé par des études en langues pour finalement arriver dans le domaine de la communication. Comment et pourquoi vous êtes vous dirigé dans cette voie?

Maxime Pisano: « Initialement, j’avais pour projet de devenir professeur d’Italien. Mais quand je me suis rendu compte des places aux concours et notamment dans l’académie, j’ai laissé tombé. Du coup, je me suis dirigé dans le domaine de la communication publique puisque j’ai bénéficié d’une passerelle grâce au master communication stratégique et relations publiques du centre européen universitaire à Nancy. Une formation qui permettait à des gens qui venaient de langues de pouvoir bifurquer dans le domaine de la communication. C’est comme ça que je suis arrivé dans la communication mais seulement à partir du niveau master parce qu’initialement j’en faisait uniquement de façon amateur. “

Maxime Pisano: “Un community manager on lui demande de savoir tout faire”

Si vous deviez définir le métier de Community manager, comment le feriez vous?

M.P: “C’est un métier pour lequel on demande beaucoup mais qui est très peu considéré par nos pairs et encore plus par le grand public. Être community manager, ce n’est pas seulement poster des trucs sur Facebook et Twitter. D’une manière générale les métiers de la communication ne sont pas toujours pris au sérieux. Surtout par les gens qui ne sont pas du domaine. Aujourd’hui, un community manager on lui demande de savoir tout faire: d’avoir un bon rédactionnel, de maîtriser les réseaux sociaux et donc de faire de la veille sur les nouveautés et de manière quasi instantanée. Mais on vous demande aussi d’avoir des compétences en graphisme. Personnellement, je n’ai jamais été uniquement community manager, on me demandait d’être très polyvalent. Un bon community manager aujourd’hui est obligé d’avoir une stratégie 2.0 sinon c’est qu’il fait mal son travail.”

Pour parler plus spécifiquement de votre situation, vous travaillez depuis un peu plus d’un an pour le SMD. Avec une cible comme celle là, n’est-ce pas trop compliqué de se créer une communauté?

M.P: “C’est pas évident, oui. Si vous allez faire un tour sur les comptes sociaux de mon organisation, on n’a pas des comptes à 15 000 abonnés (rires). J’adorerais, mais c’est compliqué. Dans mon boulot, j’ai deux problématiques: la première est que personne ne connaît vraiment la boîte dans laquelle je travaille, la seconde est qu’on a des objectifs différents par rapport à d’autres communautés.

Je cherche essentiellement à faire en sorte que les gens changent de comportement, qu’ils trient bien où mieux. La spécificité de mon travail c’est que le public n’est pas simple à atteindre. On nous demande d’aller chercher une cible qui n’est pas forcément intéressée par ça. Plus particulièrement chez les jeunes. L’avantage dans mon domaine, c’est que je peux identifier les cibles en termes d’âges et en fonction des réseaux sociaux que j’utilise. Créer des communautés, c’est important et il faut le faire mais, dans mon cas personnel, je ne suis pas sur qu’il y ait un grand intérêt à atteindre 15 000 abonnés par exemple. Je préfère aller les chercher sur les différents supports.”

« La meilleure carte de visite […] c’est de montrer que tu as du réseau. »

Aujourd’hui, si quelqu’un vous dit: “Moi, j’aimerais devenir community manager”, quels sont les conseils que vous pourriez lui donner?

M.P: “Le réseau, tout de suite. Vous voulez devenir community manager et pratiquer les réseaux sociaux de manière professionnelle? Commencez par développer votre propre réseau. Moi, je me suis inscris tôt sur les réseaux sociaux. Ce qui fait, qu’aujourd’hui, j’ai du monde dessus mis à part Facebook parce que je fais le tri régulièrement (rires). En revanche, sur Twitter, j’ai environ 3 000 abonnés, ce n’est pas forcément un gros compte mais ça m’a permi de développer mes contacts. Notamment avec des gens qui ne sont pas forcément vos cibles mais qui peuvent le devenir par la suite. De même, apprenez à utiliser les réseaux.

Bien souvent, les gens ne s’intéressent pas à certains réseaux sociaux car ils n’en sont pas la cible. A l’exemple de Pinterest où la cible est composée à 85% de femmes. Mais même si nous ne sommes pas la cible, il est important d’y aller pour voir ce qui s’y fait et ses différentes fonctionnalités. Je ne prends aucun plaisir à aller sur Pinterest mais j’observe avec beaucoup d’intérêt les usages que peut en faire ma femme. Elle en est parfaitement la cible. La meilleure carte de visite pour un community manager c’est de montrer que tu maîtrises l’outil. Mais aussi que tu as du réseau.“

Propos recueillis par Alexandre Neto.