Obsolescence programmée : la stratégie des organisations publiques

Obsolescence programmée : la stratégie des organisations publiques

L’obsolescence programmée vise à réduire la durée de vie d’un produit pour augmenter son taux de remplacement et provoquer un achat prématuré. Auparavant, seul le travail de quelques organisations non gouvernementales (ONG) soulevait les conséquences majoritairement environnementales de cette pratique. Bien qu’ancrée dans les habitudes de consommation, les controverses qu’elle a suscité contribuent à une distanciation du citoyen envers leurs industries. De nombreuses mesures s’établissent ainsi afin d’accompagner la prise de conscience des citoyens-consommateurs ne tolérant plus ces « durées de vie limitées ».

Les associations : actrices clé de la lutte

Les sites de recommandations de produits, services professionnels de réparation ou communautés de pratiques (sites Web, tutoriels, médias sociaux, etc.) pour réparer soi-même, contribuent à la transition vers une consommation durable. Forte de plus de 35 000 sympathisants, l’association Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP), se donne trois champs d’action :

  • Informer et sensibiliser le grand public au phénomène de l’obsolescence programmée
  • Fédérer les citoyens, les experts et les associations pour faire entendre le souhait d’aller vers des produits plus durables et réparables
  • Influencer en accompagnant le changement des politiques publiques en faveur de la durabilité et de la réparabilité

Des campagnes de sensibilisation, journées fédératrices nommées HOP Day, et interventions pédagogiques dans les écoles sont régulièrement mises en place. Les membres de l’organisme investissent également des colloques, salons de professionnels et débats publics pour exposer une vision du monde sans obsolescence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Equiterre a pour mission de contribuer à bâtir un mouvement de société en incitant à faire des choix écologiques, équitables et solidaires. Dans un rapport de mai 2018, l’association recommande au Gouvernement les actions de sensibilisation suivantes :

  • Favoriser la réparation, le réemploi et promouvoir les offres de service
  • Assurer une veille des meilleurs outils législatifs en matière d’obsolescence
  • Poursuivre le développement des connaissances dans le domaine
  • Assurer l’exemplarité publique en ce qui concerne l’entretien, la réparation, le réemploi

La réponse du Gouvernement à l’obsolescence programmée

Thierry Libaert, conseiller au Comité Economique et Social Européen, a remis le 25 janvier 2019, son rapport sur la consommation durable à l’Etat français. Remis dans le cadre de la Feuille de Route pour une économie circulaire, ses conclusions convergent avec plusieurs propositions gouvernementales. L’obligation des distributeurs à informer les consommateurs sur la disponibilité des pièces détachées en est un exemple.

Le ministère de la Transition écologique et solidaire et l’ADEME travaillent également à la mise en place, dès 2020, d’un affichage de réparabilité des produits électriques. Avec un indice sur le modèle de l’étiquette énergie, il sera calculé selon 10 critères :

L’objectif de cet indice est d’apporter au consommateur une information « utile et pragmatique », tout en étant incitatif pour les fabricants. Des sanctions et mesures contraignantes seront exigées en cas de non-respect. Par ailleurs, HOP estime qu’il faudrait « aller plus loin vers une transparence complète sur la fiabilité des produits ». En effet, cet étiquetage sur la réparabilité n’évoque ni le coût de la réparation, ni le temps qu’elle nécessite. Le modèle économique actuel, incitant au désir de nouveauté et de performance accrue, pose également un frein à l’instauration du code.

Pour sensibiliser le citoyen au développement durable, à la consommation responsable et au mieux vivre, il est donc nécessaire pour les organisations de modifier leur approche.

Les enjeux du RSE 

Les entreprises doivent dépasser le simple objectif de vente, et se donner pour rôle d’informer et de sensibiliser les citoyens aux enjeux RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) les concernant.  Selon le Centre de Recherche sur l’Investissement Responsable Novethic, ils impliquent entre autre de :

  • mesurer son impact environnemental
  • garantir de bonnes conditions de travail
  • favoriser l’emploi local
  • s’ouvrir au dialogue
  • être solide et pérenne

Véritable média, le RSE doit être facile à comprendre, facilement atteignable, le plus exhaustif possible et son contenu doit être régulier. En intégrant le développement durable à leur communication, les entreprises réduisent leur impact social et environnemental. Elles entraînent aussi avec elles l’ensemble de leur entourage (clients, fournisseurs, etc.). Au même titre qu’ institutions et associations, les campagnes de sensibilisation sont des opportunités à saisir afin de valoriser leurs engagements.

 

Sources :

https://www.halteobsolescence.org/

https://detours.canal.fr/obsolescence-programmee-asso-lance-site-acheter-produits-durent/

https://www.produitsdurables.fr/?fbclid=IwAR1Ri7Sqn_9BpKvgsIcHpQqBTfycdpnJUKGdprShJ9LmSa7KoH40wrjvtKc

https://www.cairn.info/revue-hermes-la-revue-2015-3-page-151.htm

https://e-rse.net/communication-rse-responsable/#gs.taqabvyk