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Attaques contre la liberté d’expression : parler ou se taire ?

L’attentat du 16 octobre dernier à Conflans-Sainte-Honorine contre un professeur d’histoire-géographie a créé une vague d’émotion et de colère au sein de la population et de la classe sociopolitique française. Face à cette énième atteinte à la liberté d’expression, l’on attend une réaction de nos gouvernants afin de rassurer et calmer les inquiétudes du peuple. Faut-il parler ? c’est-à-dire dénoncer, communiquer ? si oui, pourquoi, comment et par quels moyens ? Ou faut-il simplement se taire ?

« La liberté d’expression est le droit pour toute personne de penser comme elle le souhaite et de pouvoir exprimer ses opinions par tous les moyens qu’elle juge opportuns, dans les domaines de la politique, de la philosophie, de la religion, de la morale…». Ce droit fondamental dont dispose tout être humain est inscrit dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de l’Onu et repris par la Convention Européenne des Droits de l’Homme . Réaffirmant ainsi le droit qu’a tout citoyen européen d’exprimer librement ses opinions sans courir le risque d’être inquiété ou de faire l’objet d’une arrestation. Cette liberté d’expression a donné naissance à des libertés parallèles. Notamment la liberté d’association, la liberté de réunion, la liberté de manifestation, la liberté de culte ainsi que la liberté de presse.              
Les auteurs de ces attaques contre nos différentes libertés ne le font pas simplement dans le but de tuer. Ils le font au nom d’une certaine idéologie (la plupart du temps religieuse) dans le but de semer la peur parmi la population afin d’obtenir un changement politique ou de faire passer un message. Pour cela, ils préfèrent s’attaquer aux valeurs fortes de la République telles que la liberté d’expression, la laïcité, l’éducation. Dans ce contexte, quelle approche communicationnelle le gouvernement doit-il alors adopter comme réponse afin de limiter l’action des terroristes ?

source : podcastjournal.net

La communication gouvernementale

Face aux évènements de ces dernières semaines et de ceux des mois et années antérieures, toute la classe dirigeante est unanime. Il faut rapidement communiquer afin de rassurer, clarifier et apaiser. La méthode de communication employée est dans la quasi-totalité des cas la même. Dénonciation et condamnation dans les médias et sur les réseaux sociaux, mise en place d’une cellule de crise, renforcement et communication autour de la bonne marche de la politique sécuritaire du gouvernement, appels à l’unité et à la cohésion nationale, sécurisation des lieux et bâtiments publics, recherche et interpellation du coupable, recueil d’information ou traçage du parcours afin de comprendre les motivations de l’assaillant, recherche de complicités internes ou externes, animation de conférences de presse afin d’informer l’opinion sur les avancées de l’enquête.

Le régulation des réseaux sociaux

Au vu de ces prises de paroles, nous pouvons clairement affirmer que face aux multiples attaques des valeurs de la république, nos autorités refusent de se taire, et ont bien à cœur de communiquer le plus rapidement possible en utilisant tous les moyens existants afin d’apporter une réponse efficace et concrète aux actes terroristes. Cela passe par la mise en place d’une communication de crise suffisamment claire. Le niveau de tolérance aux erreurs est généralement très faible. La gestion des séquelles ou des traumatismes psychologiques du terrorisme, le renforcement de l’unité nationale, l’importance des valeurs fondamentales au sein d’une société, doivent être mis au cœur de cette stratégie. L’objectif majeur est de renforcer la confiance de la population envers les gouvernants chargés de leur protection et de leur sécurité. Se taire ou faire preuve de silence, ne pas divulguer toutes les informations nécessaires à la compréhension de la situation présente, ou afficher un éparpillement des communications, rendrait la population anxieuse et dénoterait une non-maitrise de la crise. La communication doit affirmer la maitrise de la situation par la mise à contribution des grands médias. Les réseaux sociaux ne doivent pas être mis de côté. Leur apport est plus que vital. Toutefois, la question de l’usage des réseaux sociaux suscite un vif débat.  Ils sont également le lieu de diffusion de contenus parfois illégaux pouvant entrainer des formes de violences. L’assassinat de Samuel Paty nous en apporte la preuve. Le gouvernement dans sa démarche doit donc mettre en place ou renforcer de façon pertinente le dispositif de régulation des systèmes de modération de contenus sur les réseaux sociaux. Les réseaux représentent en effet la première source d’information vers laquelle se dirige la grande majorité de la population en quête d’informations en temps réel.

Une communication publique efficace

Mais est-ce suffisant ? Ne faut-il pas aller encore plus loin dans la façon de communiquer après un attentat ? Autant de questions qui méritent de pousser la réflexion. Pour notre part, la mise en place d’une bonne stratégie de communication de crise est plus que nécessaire afin de repenser notre mode de communication publique à la suite d’un attentat. Cette action de communication à l’endroit des familles de victimes, des élèves et étudiants, des travailleurs du système socioéducatif, des entreprises et des citoyens doit être transparente, précise et cohérente. Diffusion de communiqués de presse d’informations factuelles et fréquentes dans la presse écrite et audiovisuelle. Intervention sur les plateaux télés et les stations de radios ainsi que les réseaux sociaux. Mise en place d’une task force d’experts qui aura pour mission d’expliquer les valeurs de la République et le modèle de vie français aux personnes issues des mêmes communautés que la plupart des terroristes. La France est un pays laïque dans lequel chaque citoyen est libre d’exprimer ses opinions dans le strict respect des règles édictées par loi. Tel doit être l’essence du message à communiquer. Le gouvernement doit afficher sa maîtrise de la situation. La communication officielle doit mettre l’accent sur les améliorations apportées au dispositif sécuritaire, la mise en œuvre de nouvelles mesures et sur les moyens de prévenir de telles catastrophes.  Ce qui permettra de mobiliser la population et de rassurer les citoyens. Et vous, dans le contexte actuel, qu’attendez-vous de la communication gouvernementale ?

Le Crazy Charly Day édition 2020

Lancement du Crazy Charly Day H-14

Ce jeudi 13 février 2020 à l’IUT Charlemagne, neuvième édition du Crazy Charly Day. Début des hostilités à 8h30, rendez-vous dans les deux amphithéâtres pour découvrir quel sera le sujet à traiter cette année. Les élèves sont en place, aux aguets. Les enseignants se préparent et trépignent à l’idée de dévoiler le sujet à près de 400 étudiants regroupés en 60 groupes différents. La tension se fait ressentir voilà la diapositive qui se lance ; le sujet est là. Cette année, le commanditaire est la Grande Épicerie Générale de Nancy une coopérative locale située dans la métropole du Grand Nancy.

À ce jour, cette coopérative compte 100 adhérents et se trouve au 61 rue Saint-Nicolas à Nancy. Afin de doubler sa surface de vente, la coopérative souhaite déménager dans des locaux plus spacieux. Le statut de supermarché coopératif permet aux adhérents d’acquérir une part de celui-ci pour la somme de 100€/an, ils deviennent donc en partie propriétaires du supermarché et sont sollicités pour toute prise de décision. Il leur est demandé de travailler dans le supermarché chaque mois en moyenne 3 heures. La grande épicerie générale de Nancy propose un point de vente aux producteurs locaux avec un mode de rémunération à prix juste et favorise le partenariat avec des associations solidaires et écologiques.

Pour cet événement, chaque département de l’IUT possède un projet spécifique en fonction de leurs compétences. Pour le département Information et Communication, leur mission est de créer un événement qui attirera de nouveaux producteurs pour élargir leur gamme de produits en magasin. Cet événement devait être accompagné d’une campagne de communication print suivant une stratégie de communication préparée avec soin par chaque groupe. Pour annoncer cet événement, les étudiants devaient créer un site vitrine et justifier son utilisation. Avec ce site, il était imposé de proposer une carte interactive regroupant l’ensemble des producteurs partenaires de la Grand Épicerie. Tout ce travail à fournir en seulement 14h, pas de temps à perdre le Crazy Charly Day est lancé !

Un projet et quatorze heures de bonne humeur

Jeudi matin, 10h00, les groupes ont découvert le sujet. Les idées fusent, les cerveaux chauffent, les brainstormings sont de sortie et les équipes partent le vent en poupe. Plusieurs ambiances dans les salles réservées à cet effet, des groupes créent des Mind maps sur les tableaux des salles de cours, d’autres étudiants analysent l’existant et étudient les documents donnés pour le projet. Le matin est principalement dédié à la réflexion, au menu création d’une stratégie de communication, analyse de la charte graphique, positionnement et sans oublier la classique matrice SWOT. Finalité de cette matinée, une idée d’événement solide répondant au besoin de la coopérative et distribution des tâches pour l’après-midi qui s’annonce chargée et intense.

12h00, les étudiants font une pause pour déjeuner et faire fleurir de potentiels idées sur la réflexion de la matinée. Après tout, un bon repas n’a jamais fait de mal à personne.

13h00, les groupes sont reformés, les estomacs sont remplis et les batteries à bloc ! Et ça tombe bien, car il va en falloir de l’énergie pour le travail de création de ce jeudi après-midi. Des représentants de la Grande Épicerie Générale passent dans les différents groupes pour répondre aux différentes questions et aiguiller certaines âmes en perdition. Les différents professeurs responsables des départements sont aussi là pour aider et motiver les équipes dans ce défi.

16h00, nous sommes à la moitié de ce Crazy Charly Day édition 2020, les sites internet prennent forme, les affiches commencent à faire leur apparition et des groupes se voient déjà en retard et commencent à stresser. D’autres équipes prônent une ambiance plus détendue et se congratulent déjà du travail fournit et de l’avancée de leur travail.

19h00, les esprits fatiguent, les estomacs sont vides et les pizzas payées par l’IUT arrivent à point nommé. Au choix, Flammekueche, 4 fromages ou Reine, une pizza au choix pour tous les goûts. Boissons à volontées dans des éco-cups de l’IUT et fruits frais pour les vitamines et donner un coup de fouet d’énergie pour le sprint final vers le rendu de 23h00.

Pause pizza pour les étudiants H-4

21h00, plus que 2h de travail avant le rendu final ! Place à la rédaction des documents et aux réglages de dernières minutes. Le temps semble s’accélérer et l’IUT est une vraie fourmilière « Tous nos supports print et web sont finalisés ! On est très content de notre travail et le dossier est en cours de rédaction. L’entente dans notre groupe a réellement été un point fort et nous a permis de respecter les deadlines. Une expérience au top ! » Nous confie Louis un étudiant en Création Publicitaire.

23h00, la plateforme de rendu des travaux réceptionne toutes les créations des équipes. Les groupes se félicitent alors du travail fourni en applaudissant et en chantant dans les couloirs ! Beaucoup d’étudiants restent pour échanger sur leurs travaux respectifs et ainsi découvrir les idées de leurs rivaux. En majorité, les étudiants semblent ravis de cette expérience et sont déjà impatients de revenir demain pour connaître les résultats.

Un debriefing bien mérité

Vendredi matin 12h30, rendez-vous dans les amphithéâtres de l’IUT pour la remise des prix. Les groupes ayant tous préparés une courte présentation de leurs travaux, les voilà tous réunis. La tension monte, le directeur de l’IUT Monsieur Cruz-Lara remercie les partenaires de cet évènement ainsi que tous les étudiants ayant participé à cette journée. Mais seul quelques-uns auront le privilège de présenter leurs travaux devant les autres. Les nominés sont affichés, l’ambiance monte, les étudiants font entendre leur voix, ils tapent des pieds et des mains. Pour chaque départements entre deux et quatre groupes sortent vainqueurs de cette journée de travail intense.

Pour le département Information et Communication, la victoire est revenue à deux groupes qui n’ont pas réussi à être départagé. Le premier vainqueur est le groupe Com’unik avec leur événement GRAAL, une auberge espagnole pour producteurs locaux. Le second groupe vainqueur se nomme Les Five avec leur événement la Récré Locale, un après-midi ludique accompagné d’un repas conviviale.

Groupe Com’unik vainqueur du défi Infocom

Un grand bravo à toutes les équipes qui ont participé à cette édition du Crazy Charly Day. Un grand merci aussi à tous les organisateurs et partenaires de cet événement et tout particulièrement à la Grande Épicerie Générale de Nancy !

Gaultier JEANNE

La reconnaissance faciale dans les services publics, opportunité ou danger ?

La reconnaissance faciale dans les services publics, opportunité ou danger ?

De plus en plus, les services publics s’intéressent à la reconnaissance faciale. Cette technique permettrait aussi bien d’authentifier une personne dans le cadre d’un contrôle d’accès par exemple que d’identifier une personne dans une foule. Pour fonctionner, la reconnaissance faciale détecte un visage, le redécoupe, l’analyse, puis compare avec les visages qu’elle possède dans une base de données.

Dans le cadre privé, les usagers utilisent la reconnaissance faciale pour déverrouiller leur téléphone par exemple. Mais il a été démontré que le système n’était pas sûr : en effet, cette donnée biométrique peut être détournée. Selon phonandroid.com, plusieurs tests ont prouvé qu’on pouvait déverrouiller la plupart des smartphones dotés de cette technologie à l’aide d’une photo, pour la technologie 2D et à l’aide d’un modelage de visage pour la technologie 3D.

Le RGPD, règlement européen, a déjà prévu de placer un cadre à la reconnaissance faciale : elle oblige toutes les organisations publiques, ainsi que privées à demander le consentement de l’utilisateur pour reconnaître son visage. De plus, l’organisation n’est pas censé conserver ce genre de données.

Avec l’évolution de la technologie, les gouvernements du monde entier ont pour projet d’intégrer la reconnaissance faciale dans la vie publique, notamment la Chine avec l’implantation de 450 millions de caméras dans les rues ou encore la France avec le projet Alisem pour s’authentifier sur les applications mobiles de service public.

La reconnaissance faciale dans le monde 

En Chine, leader de la reconnaissance faciale, un citoyen doit depuis deux mois obligatoirement scanner son visage s’il est l’acquéreur d’un téléphone portable pour pousser la technologie de la reconnaissance faciale. Avec 200 millions de caméras dans les rues en Chine et 450 millions fin 2020 dotées de 500 mégapixels (en comparaison, l’œil humain est quatre fois moins puissant)., le but est de mettre fin à l’anonymat dans le pays. Selon France Inter, lié à la reconnaissance faciale, le “crédit social” est en projet pour 2020 pour attribuer un score à chaque citoyen en fonction des données que le gouvernement dispose de lui comme l’endettement ou encore une peine de prison.

En Inde, Automated Facial Recognition System a été mis en place en mars 2020 suite au nombre accru d’enfant portés disparus, le gouvernement avait décidé de mettre en place un système de reconnaissance faciale. Le système est désormais aussi utilisé pour surveiller les manifestants. .

Aux États-Unis, plusieurs villes de l’État de la Californie ont d’ores et déjà interdit la reconnaissance faciale pour les services publics.

La reconnaissance faciale en France

Les collectivités locales et la reconnaissance faciale

Lors du Carnaval de février 2019, la ville de Nice a mise en place un dispositif de reconnaissance faciale à l’un des accès. Dans le cadre de l’expérience, les personnes devaient être volontaires pour y participer. 5000 personnes ont donné une photographie pour participer à l’expérience. Les visages avaient pour but d’être reconnues dans le cadre une recherche d’enfant par exemple.

L’expérience a renforcé l’idée de mettre en place un cadre juridique à la reconnaissance faciale de grande échelle, tel celle de Nice.

L’État et la reconnaissance faciale

Alicem, le projet d’identification par reconnaissance faciale de l’Etat français, est attendu dans les mois à venir. La France est le premier pays européen à mettre en œuvre un projet de reconnaissance faciale. La première fonctionnalité annoncée sera de permettre aux citoyens de se connecter aux services publics labellisés France Connect à l’aide de leurs visages.

La reconnaissance faciale présente donc beaucoup d’opportunités pour la vie publique. Cependant, elle présente des risques d’atteinte à la protection de la vie privée et des libertés publiques selon la CNIL qui relance le débat public à ce propos (voir sur le site de la CNIL).