TABLE RONDE : Accessibilité aux sites Web

TABLE RONDE : Accessibilité aux sites Web
Johan Senn, Alain Latour et Xaviera Autissier ont animé la table ronde sur l'accessibilité.

La troisième table ronde de la LP CP&ON s’est déroulée vendredi 8 décembre 2017, autour d’un sujet adapté aux contenus des cours de la licence, puisqu’il s’agissait de l’accessibilité aux sites Web. Johan Senn, non-voyant, formateur en informatique pour un public déficient visuel et également informaticien à l’Association « Chiens guides de l’Est », Alain Latour et Xaviera Autissier, développeurs à l’UL, en charge de l’accessibilité des sites Web, sont venus partager leurs expériences avec les étudiants.

Depuis 2015, l’Etat a rendu obligatoire l’accessibilité des sites publics. Il existe plusieurs niveaux d’accessibilité (A, AA et AAA) qui consistent à rendre le contenu des sites Web, accessible au plus grand nombre.  Les intervenants de la table ronde ont défini les grandes étapes d’un projet d’accessibilité d’un site.

Réaliser un site accessible

  • Dès le départ, il faut se demander quel handicap va être pris en compte.
  • Viser le niveau d’accessibilité souhaité.
  • Considérer les contraintes graphiques et techniques selon la plateforme de développement. (Quels sont les choix qui vont être faits ? Le CMS se prête-t-il facilement à la demande ? Est-ce un site vitrine ?). « Pour un non-voyant, certaines informations peuvent être très pertinentes, et pas du tout pour un voyant. Il faut faire des choix entre le côté fioriture et utilité. Il faut qu’un site soit avant tout ergonomique, même si vous avez un niveau AAA » a précisé Alain Latour. « Un beau site est rarement accessible » a ajouté en souriant Johan Senn.
  • Où et quand trouver les personnes pour tester le site.
  • Trouver les outils pour faire tester le site.
  • Tenir compte de la charte graphique (consensus avec les règles d’accessibilité).
  • Mettre en place des balises sémantiques et champs de contribution adéquats. « La balise « alt » devrait être obligatoire et pertinente » selon Alain Latour.

70 % du travail d’accessibilité repose sur les contenus du site et la façon dont il est alimenté. Ainsi une bonne formation contribue à une bonne rédaction. « Si les choses sont faites correctement, vous gagnez en niveau d’accessibilité et en référencement. Vous pouvez replacer des mots clés dans la balise « alt » par exemple. Vous jouez sur les deux tableaux. C’est du temps de gagné« . a expliqué Xaviera Autissier.

Les outils de l’accessibilité

Il existe des outils performants (gratuits ou payants) tels que les outils de développement (extensions Watool, accessibility press, site validator pro…), l’extension navigateur (lecteur d’écran) ou bien encore les outils d’évaluation (Standalone). Il faut trouver le compromis entre accessibilité, ergonomie et fonctionnalité.

Johan Senn a présenté le matériel qu’il utilise. Puis il s’est glissé dans la peau d’un testeur de site Web tel que le site Handicap (conçu par Alain Latour, Xaviera Autissier et leur équipe), celui de la Sncf et celui de la LP CP&ON. « L’utilisateur doit savoir utiliser son matériel, ce n’est pas toujours le boulot du développeur. L’effort doit être fait des deux côtés. Et il ne faut pas se laisser avoir par la fausse accessibilité » a précisé l’utilisateur. Pour le site Handicap Johan Senn a trouvé que c’était trop long pour accéder à la forme orale du texte. Puis il s’est demandé ce qu’était une affiche RCDH. Il n’a pas trouvé utile la lecture des puces et a apprécié que le titre de l’article soit précisé quand il est parvenu à la balise « lire la suite ». « Nous voyons qu’un AAA n’est pas toujours en accord avec l’ergonomie. Il y a encore des coquilles, d’où l’importance du test » a commenté Alain Latour. « Nous tendons à l’accessibilité » a ajouté sa collègue, Xaviera Autissier.

A propos du site de la SNCF, Johan Senn a ironisé : « Je ne sais pas parler la langue du cheminot ! Mais maintenant que j’ai compris comment ça fonctionne, je pourrai aller plus vite la prochaine fois. En effet, pour moi réservation ne correspond pas à achat de billet« .

Quant au site de la LP CP&ON, il considère que c’est un site pas forcément accessible, mais utilisable. « Il n’y a pas de lien de contournement. J’ai un « H1 » qui arrive en énième position. Pour les réseaux sociaux, j’aurais préféré une liste à puces« .

La table ronde a permis d’entretenir de véritables échanges et de reconsidérer la question d’accessibilité. Alain Latour a conclu en annonçant les formations de rédaction proposées par l’UL. « Elles consistent à apprendre à rédiger pour le Web et contiennent une partie accessibilité« .