Attaques contre la liberté d’expression : parler ou se taire ?

L’attentat du 16 octobre dernier à Conflans-Sainte-Honorine contre un professeur d’histoire-géographie a créé une vague d’émotion et de colère au sein de la population et de la classe sociopolitique française. Face à cette énième atteinte à la liberté d’expression, l’on attend une réaction de nos gouvernants afin de rassurer et calmer les inquiétudes du peuple. Faut-il parler ? c’est-à-dire dénoncer, communiquer ? si oui, pourquoi, comment et par quels moyens ? Ou faut-il simplement se taire ?

« La liberté d’expression est le droit pour toute personne de penser comme elle le souhaite et de pouvoir exprimer ses opinions par tous les moyens qu’elle juge opportuns, dans les domaines de la politique, de la philosophie, de la religion, de la morale…». Ce droit fondamental dont dispose tout être humain est inscrit dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de l’Onu et repris par la Convention Européenne des Droits de l’Homme . Réaffirmant ainsi le droit qu’a tout citoyen européen d’exprimer librement ses opinions sans courir le risque d’être inquiété ou de faire l’objet d’une arrestation. Cette liberté d’expression a donné naissance à des libertés parallèles. Notamment la liberté d’association, la liberté de réunion, la liberté de manifestation, la liberté de culte ainsi que la liberté de presse.              
Les auteurs de ces attaques contre nos différentes libertés ne le font pas simplement dans le but de tuer. Ils le font au nom d’une certaine idéologie (la plupart du temps religieuse) dans le but de semer la peur parmi la population afin d’obtenir un changement politique ou de faire passer un message. Pour cela, ils préfèrent s’attaquer aux valeurs fortes de la République telles que la liberté d’expression, la laïcité, l’éducation. Dans ce contexte, quelle approche communicationnelle le gouvernement doit-il alors adopter comme réponse afin de limiter l’action des terroristes ?

source : podcastjournal.net

La communication gouvernementale

Face aux évènements de ces dernières semaines et de ceux des mois et années antérieures, toute la classe dirigeante est unanime. Il faut rapidement communiquer afin de rassurer, clarifier et apaiser. La méthode de communication employée est dans la quasi-totalité des cas la même. Dénonciation et condamnation dans les médias et sur les réseaux sociaux, mise en place d’une cellule de crise, renforcement et communication autour de la bonne marche de la politique sécuritaire du gouvernement, appels à l’unité et à la cohésion nationale, sécurisation des lieux et bâtiments publics, recherche et interpellation du coupable, recueil d’information ou traçage du parcours afin de comprendre les motivations de l’assaillant, recherche de complicités internes ou externes, animation de conférences de presse afin d’informer l’opinion sur les avancées de l’enquête.

Le régulation des réseaux sociaux

Au vu de ces prises de paroles, nous pouvons clairement affirmer que face aux multiples attaques des valeurs de la république, nos autorités refusent de se taire, et ont bien à cœur de communiquer le plus rapidement possible en utilisant tous les moyens existants afin d’apporter une réponse efficace et concrète aux actes terroristes. Cela passe par la mise en place d’une communication de crise suffisamment claire. Le niveau de tolérance aux erreurs est généralement très faible. La gestion des séquelles ou des traumatismes psychologiques du terrorisme, le renforcement de l’unité nationale, l’importance des valeurs fondamentales au sein d’une société, doivent être mis au cœur de cette stratégie. L’objectif majeur est de renforcer la confiance de la population envers les gouvernants chargés de leur protection et de leur sécurité. Se taire ou faire preuve de silence, ne pas divulguer toutes les informations nécessaires à la compréhension de la situation présente, ou afficher un éparpillement des communications, rendrait la population anxieuse et dénoterait une non-maitrise de la crise. La communication doit affirmer la maitrise de la situation par la mise à contribution des grands médias. Les réseaux sociaux ne doivent pas être mis de côté. Leur apport est plus que vital. Toutefois, la question de l’usage des réseaux sociaux suscite un vif débat.  Ils sont également le lieu de diffusion de contenus parfois illégaux pouvant entrainer des formes de violences. L’assassinat de Samuel Paty nous en apporte la preuve. Le gouvernement dans sa démarche doit donc mettre en place ou renforcer de façon pertinente le dispositif de régulation des systèmes de modération de contenus sur les réseaux sociaux. Les réseaux représentent en effet la première source d’information vers laquelle se dirige la grande majorité de la population en quête d’informations en temps réel.

Une communication publique efficace

Mais est-ce suffisant ? Ne faut-il pas aller encore plus loin dans la façon de communiquer après un attentat ? Autant de questions qui méritent de pousser la réflexion. Pour notre part, la mise en place d’une bonne stratégie de communication de crise est plus que nécessaire afin de repenser notre mode de communication publique à la suite d’un attentat. Cette action de communication à l’endroit des familles de victimes, des élèves et étudiants, des travailleurs du système socioéducatif, des entreprises et des citoyens doit être transparente, précise et cohérente. Diffusion de communiqués de presse d’informations factuelles et fréquentes dans la presse écrite et audiovisuelle. Intervention sur les plateaux télés et les stations de radios ainsi que les réseaux sociaux. Mise en place d’une task force d’experts qui aura pour mission d’expliquer les valeurs de la République et le modèle de vie français aux personnes issues des mêmes communautés que la plupart des terroristes. La France est un pays laïque dans lequel chaque citoyen est libre d’exprimer ses opinions dans le strict respect des règles édictées par loi. Tel doit être l’essence du message à communiquer. Le gouvernement doit afficher sa maîtrise de la situation. La communication officielle doit mettre l’accent sur les améliorations apportées au dispositif sécuritaire, la mise en œuvre de nouvelles mesures et sur les moyens de prévenir de telles catastrophes.  Ce qui permettra de mobiliser la population et de rassurer les citoyens. Et vous, dans le contexte actuel, qu’attendez-vous de la communication gouvernementale ?

Anaïs Cleuvenot

Ancienne étudiante de la promotion 2016-2017, Anaïs Cleuvenot est désormais chargée de communication.
Promotion 2016-2017
Chargée de communication à la mairie de Xertigny

C’est en 2017, qu’Anaïs Cleuvenot obtient son diplôme en Licence Communication Publique et Outils Numériques. Elle poursuit ses études en master Communication et Édition Numérique à la FSESJ de l’Université de Haute Alsace. Après un M2 en alternance au Parc Expo de Mulhouse, elle obtient son diplôme. 

Sitôt diplômée, elle est recrutée par la mairie de Xertigny située les Vosges, en tant que chargée de communication. Elle est en charge de la Gazette, un journal municipal bimensuel, ainsi que du site internet et de la page Facebook. Elle a également pour mission la conception graphique de nombreux supports de communication pour diverses associations xertinoises. 

Originaire d’un DUT Communication des Organisations, la Licence Professionnelle Communication Publique et Outils Numériques lui a permis de découvrir de nombreux aspects du secteur public et d’en comprendre le fonctionnement. De plus, cette formation lui a permis d’approfondir ses notions en outils numériques. 

Nous remercions Anaïs de nous avoir livré son témoignage !

Propos recueillis par Margo Herbin

Réseaux sociaux : quelle stratégie adopter pour la communication publique ?

Avec l’avènement des réseaux sociaux, les collectivités sont de plus en plus nombreuses à partir à la conquête de ces plateformes. Alors comment et pour quelles raisons se lancer ? Et quelle stratégie à adopter ? Cet article vous permettra de faire le point sur ces interrogations. 

Pourquoi les réseaux sociaux ? 

Les réseaux sociaux prennent de plus en plus d’importance dans la vie des citoyens. La présence des collectivités sur ces plateformes relève donc d’une réponse aux besoins des usagers. Les réseaux sociaux favorisent l’échange, visent à l’amélioration des services et des relations entre la collectivité et le citoyen. De plus, ils offrent de la visibilité et permettent de travailler une certaine image de marque. Ils créent de l’attractivité et de l’interaction avec les usagers, contribuent à l’information et à la valorisation des atouts d’une collectivité. 

Les réseaux sociaux oui, mais avec quelle stratégie ? 

Élaborer une stratégie web est nécessaire pour mener à bien votre campagne de communication. Il faut penser « stratégie » et non « outils ». Dans un premier temps, votre stratégie doit porter sur des objectifs et indicateurs SMART. La méthode SMART est constituée de 5 indicateurs : 

  • Spécifiques : les objectifs doivent être clairs, précis et compréhensible par tous 
  • Mesurables : les objectifs doivent pouvoir faire l’objet de mesure qualitatives et quantitatives
  • Atteignables : les objectifs doivent être ambitieux, motivant et partagés par tous
  • Réalistes : les objectifs doivent être pertinents et cohérents, doivent avoir du sens 
  • Temporellement définis : ils doivent être définis dans le temps pour pouvoir être mesurés 

Ce sont ces objectifs qui influenceront directement vos plans d’action à mettre en place. 

Dans un second temps, définissez les cibles à atteindre. L’utilisation d’un persona, c’est à dire un profil type, peut vous aider à dresser précisément le profil de vos cibles. Renseignez sa tranche d’âge, son cadre de vie, ses besoins, ses motivations, quels réseaux utilise-t-il et à quel moment etc. Notez aussi que vos cibles sont inévitablement multiples. Il faut prendre en compte les cibles secondaires ainsi que les cibles relais. Elles concernent, d’une manière ou d’une autre, ceux que vous identifierez comme pouvant avoir une influence sur votre cible finale. Les plus connues sont les blogueurs, les influences ou encore les journalistes. 

À chaque réseau sa cible 

Pour communiquer efficacement, il est indispensable d’établir ses cibles mais aussi de choisir méthodiquement quels réseaux sociaux vont être utilisés. Il est important d’identifier l’utilisateur, le choix des réseaux et quel usage en fait-il. Une veille peut être effectuée pour répondre à ces questions. 

Ces données répertoriées et illustrées par StatusBrew, une suite complète d’outils pour gérer les réseaux sociaux, montrent que : 

Facebook, plateforme n°1 à travers le monde, compte 500 millions d’utilisateurs actifs. Ils y consacrent en moyenne 35 minutes par jour. Néanmoins la cible jeune public quitte de plus en plus la plateforme pour se diriger vers d’autres réseaux comme Instagram. 

Au 1er trimestre 2019, Twitter comptait 330 millions d’utilisateurs actifs par mois. 74% l’utilise pour consulter les actualités. La plateforme compte peu de nouveaux utilisateurs mais elle reste tout de même très utilisée par les professionnels. Les 16-24 ans sont majoritaires et représentent 33% des utilisateurs. 

Linkedin avec 590 millions de membres à travers plus de 200 pays, dont 18 millions d’utilisateurs en France, le réseau est n°1 pour les relations professionnelles.

Pinterest, c’est 265 millions d’utilisateurs actifs par mois sur le site. 98% des utilisateurs expérimentent des idées trouvées sur le réseau. Les utilisateurs sont majoritairement des femmes (environ 80%). Il n’y pas véritablement de tranche d’âge, mis à part les 15-25 ans qui y sont très peu nombreux. 

Instagram, le réseau dominant chez les moins de 35 ans. C’est un réseau incontournable pour gagner en visibilité. Il dispose d’un grand atout qui sont les stories, un contenu éphémère et personnalisable qui touche directement les utilisateurs. L’interactivité de ce format entraine du trafic vers votre site internet par le biais d’un lien intégré. Il vous permet également de proposer des vidéos en direct, offrant un contenu exclusif et unique aux utilisateurs. 

Snapchat compte plus de 300 millions d’utilisateurs actifs par mois, dont 190 millions par jour. 45% des utilisateurs ont entre 18 et 24 ans. Grand concurrent d’Instagram, ce réseau est très apprécié du jeune public. 

Analysez vos résultats 

Souvent oubliée des communicants par manque de temps, l’analyse des résultats reste néanmoins une étape très importante. En effet, elle permet de savoir où vous allez, si vos objectifs sont atteints ou même de changer de stratégie au cours d’une campagne. Pour analyser les retombées de vos actions, vous pouvez définir des indicateurs : 

Mesurer l’audience : c’est à dire le nombre de personnes touchées par votre média 

  • Nombre d’impressions (apparition sur l’écran des internautes) 
  • Nombre de visites du site web en provenance de vos réseaux sociaux 
  • Moyenne d’âge des personnes qui vous suivent 
  • Répartition par sexe des personnes qui aiment votre page 

Mesurer l’engagement : c’est à dire le nombre d’interactions que génère votre média 

  • Nombre de mentions j’aime sur vos publications 
  • Nombre de partages 
  • Nombre de clics sur vos liens 
  • Nombre de commentaires

Mesurer la notoriété : le fait d’être connu et reconnu 

  • Nombre d’abonnés sur votre page 
  • Nombre de fois où votre organisation est mentionnée dans d’autres publications

En conclusion, il est nécessaire de bâtir une stratégie pour atteindre efficacement vos objectifs. Jouez la carte de l’interactivité pour marquer votre présence, encouragez le dialogue. Montrez-vous à l’écoute et répondez toujours aux sollicitations qui vous sont adressées.

Marion KWIATKOWSKI

Photo de Marion Kwiatkowski de la promotion 2016-2017, aujourd'hui chargée de mission communication
Promotion 2016-2017
Chargé de mission communication

Marion Kwiatkowski est une ancienne étudiante de la LPCPON de la promotion 2016-2017. Elle nous a fait part de sa nouvelle vie professionnelle.

À l’issue de la licence, Marion est rapidement entrée dans le monde professionnel. En effet, elle a d’abord été embauchée en CDD par son maître de stage puis a trouvé son emploi actuel.

Marion est aujourd’hui chargée de mission communication  à la communauté de communes de Saint Amarin. Employée en tant que contractuelle, diverses tâches lui sont confiées. Elle met oeuvre des actions de communication en France, en Allemagne et en Suisse pour promouvoir le territoire et ses activités touristiques. Marion maintient également à jour la base de données régionale touristique. Elle créé des supports de communication et de mettre en place des objets promotionnels. Son poste nécessite de la polyvalence. En effet, elle anime en plus de ses principales missions les réseaux sociaux afin de valoriser la destination et la marque Hautes Vosges d’Alsace.

Grâce à la LPCPON, Marion a développé de très bonnes connaissances des rouages administratifs du service public et de la contrainte politique. Elle considère cela comme des atouts dans la constitution de marchés publics. La licence lui a également permis de connaître certains usages graphiques en PAO, en ergonomie et en numérique. Les enseignements de gestion de projet et ceux en travail en équipe lui sont aujourd’hui très utiles dans son quotidien professionnel. Ce sont à ce jour pour elle, des compétences majeures.

Nous remercions Marion pour nous avoir parlé de son expérience.

Propos recueillis par Marlène Demauljean

UNE JOURNÉE À STRASBOURG

Lundi 13 janvier 2020, la Licence Professionnelle Communication Publique et Outils Numériques s’est rendue à Strasbourg afin de visiter le Parlement européen, où siègent actuellement 751 députés afin de représenter les 28 pays membres . Rappelons que leur rôle est d’adopter et de modifier les propositions législatives et d’arrêter le budget de l’Union Européenne. Nous vous proposons de suivre le programme de cette journée.


7h50

Rendez-vous devant l’IUT afin de monter dans le bus direction Strasbourg. Les étudiants de la licence professionnelle Management International – Gestion Import Export nous accompagnent pour visiter la capitale européenne.

10h00

À peine sortis du bus, nous nous dirigeons vers l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg où Madame Granier la responsable communication, marketing et développement des publics ainsi que Madame Augé, chargée de communication numérique et des relations médias, nous reçoivent. Elles nous expliquent les divers aspects de leur métier dont la création de différents supports et moyens de communication. Elles nous ont parlé des marchés financiers, nous ont expliqué quels aspects de la communication il était important de ne pas négliger, mais surtout elles nous ont présenter leur stratégie de communication. Ceci était vraiment intéressant puisque cela nous a permis d’avoir un exemple très concret d’une vraie stratégie de communication. En bonus, nous avons eu la chance de pouvoir visiter la salle de répétition de l’orchestre, c’était très impressionnant !

12h00

Notre rendez-vous s’achève et nous quittons Madame Granier et sa collègue pour nous diriger vers le centre-ville de Strasbourg afin de manger des plats typiquement alsaciens et de visiter la vieille-ville, notamment pour pouvoir observer de plus près la majestueuse cathédrale ainsi que les places emblématiques de la ville.

15h30

Nous arrivons devant le Parlement européen. Quel bâtiment imposant, illuminé par les derniers rayons de soleils de l’hiver. Dans un premier temps, nous apprenons plus en détails comment est né le parlement européen et son fonctionnement. Le responsable des séminaires et des visites pour la direction de la communication nous explique en effet, qu’au parlement aujourd’hui, c’est 24 langues différentes qui sont traduites en direct pendant les assemblées ! Par la suite, nous avons la chance d’assister à une partie de la séance plénière qui se déroule dans l’hémicycle. Nous sommes impressionnés et par l’envergure du bâtiment et par la rapidité des interprètes ! Nous avons également été surpris de voir que le nombre d’abstention lors des votes était assez élevé, de plus lors des séances plénières, nous pourrions nous attendre à ce que l’hémicycle soit plein. Or ce n’est pas le cas, au début de la séance, il est rempli à plus de la moitié mais il se vide très rapidement et c’est étrange de voir que peu de personnes restent pour parler de sujets pourtant très importants comme les feux de forêts en Australie.

20h00

Nous terminons la journée en reprenant le bus direction Nancy.

Grâce à cette sortie, nous aurons appris l’histoire du Parlement Européen ainsi que le fonctionnement d’une séance plénière. De plus, la rencontre avec le service communication de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg nous a permis de découvrir plus en détails les différentes facettes du métier que nous serons amenés à rencontrer au cours de notre carrière.

Pour conclure cet article, voici une petite vidéo résumant notre journée réalisée par Agathe Boeuf : https://www.youtube.com/watch?v=Wnd3vRQDopM

La Saint-Nicolas

Logo Saint-Nicolas
Nancy.fr

Saint Nicolas, patron protecteur des enfants et de la Lorraine, est fêté tous les 6 décembre, surtout dans l’Est de la France et dans le Nord ainsi que dans quelques pays d’Europe. À Nancy, les fêtes de Saint Nicolas durent 40 jours : villages de Saint Nicolas, animations, manèges et grandes roues, illuminations et féeries commencent à la fin du mois de novembre dans une bonne odeur de vin chaud et de pain d’épices, pour s’achever début Janvier. Un grand défilé dans les rues du centre-ville est programmé le week-end le plus proche du 6 décembre. C’est une fête traditionnelle et populaire.

Une légende racontée aux enfants depuis des générations :

La légende de Saint-Nicolas qui prévaut en Lorraine est celle de trois petits enfants « qui s’en allaient glaner aux champs ».

Image Saint-Nicolas
Saint-Nicolas

Perdus et effrayés, ils cherchent refuge chez un boucher qui les accueille pour mieux les tuer et les mettre au saloir. Sept ans plus tard, Saint-Nicolas sur son âne vient à passer. Il s’arrête chez le boucher et refusant les mets proposés, demande ce qui se trouve dans le saloir. Le boucher effrayé s’enfuit tandis que Saint-Nicolas, dans un geste de bénédiction, ressuscite les trois enfants. Le premier dit : « j’ai bien dormi », le second dit : « moi aussi », le troisième : « je me croyais au paradis».

Un atout pour faire connaître Nancy et sa région !

La Ville de Nancy, la métropole et la Région Lorraine, en ont fait leur fer de lance pour leur communication culturelle et touristique. L’imagination et les moyens ne manquent pas pour attirer un public toujours plus nombreux chaque année.

Une offre événementielle sans égal !

Photo du Char de Saint Nicolas
Char de Saint Nicolas

Avec plus de 160 événements programmés durant cette période festive, la Ville de Nancy souhaite satisfaire la curiosité et l’émerveillement de tous. Des concerts, du théâtre, des visites, des animations, des spectacles, des contes et des ateliers animeront le quotidien des visiteurs.

D’abord, le concept de Village de Saint-Nicolas, avec son artisanat, ses expositions d’Arts, son commerce de bouche, sa patinoire, ses artistes, donne un sentiment de magie aux habitants de la ville et aux touristes pendant près de 6 semaines.

Autre événement incontournable: le spectacle “Les Rendez-vous de Saint-Nicolas” projeté sur les façades de la place Stanislas. L’histoire de ce conte en son et lumière tous les soirs est gratuit.

Un ouvrage, paru le 4 septembre 2019,”Une année avec Saint-Nicolas, les coulisses des Fêtes de Saint-Nicolas” nous raconte l’envers du décor

Couverture du Livre Saint Nicolas
Une année avec Saint Nicolas (photo de la couverture du livre)

Résumé: “Les Fêtes de Saint-Nicolas à Nancy ce sont un mois et demi de festivités, 300 000 participants dont plus de 100 000 pour le seul défilé, 20 communes impliquées, plus de 600 artistes et des centaines de personnes : commerçants, membres d’associations, porteurs de projets culturels, bénévoles et employés des villes alentour mobilisés pratiquement toute l’année. Peu connus, voire anonymes, qui sont ces passionnés qui travaillent, mangent et dorment Saint-Nicolas ? Pour le savoir, nous sommes allés les rencontrer. Et nous allons vous les présenter en reprenant simplement leurs mots, en montrant leurs visages et leurs réalisations”.

Une de ses auteures, Mme Lylette Lacôte-Gabrysiak, travaillant également à l’Université de Lorraine nous accorde un entretien:

– Pouvez-vous vous présenter? Votre métier, votre cursus universitaire. Quel est votre  attachement à Nancy ou à la Lorraine?

Lylette Lacôte-Gabrysiak: Je suis maître de conférences en Information et Communication à l’Université de Lorraine. Je suis née et ai toujours vécu à Nancy.

– Vous venez de publier un livre: “Une année avec Saint-Nicolas, les coulisses des Fêtes de Saint-Nicolas”. Pouvez-vous nous le décrire ? Pourquoi l’avoir écrit ? Des motivations particulières ou personnelles?

L.L-G: Cet ouvrage s’inscrit dans un contrat de recherche entre la ville de Nancy et le laboratoire de recherche auquel j’appartiens: le CREM (Centre de Recherche sur les Médiations). Nous travaillons sur ce projet avec 2 collègues du même laboratoire depuis 2016. Nous avons souhaité, en plus d’un rapport de recherche, produire un ouvrage grand public qui permette à tous de découvrir qui sont les acteurs de la SN.

– Les Fêtes de Saint-Nicolas à Nancy constituent, un patrimoine culturel et immatériel reconnu en France depuis le 23 novembre 2018.  Comment se déroule un dépôt de candidature pour l’obtention d’un label auprès de l’Unesco? Quelles sont les modalités d’inscription?

Logo Patrimoine Culturel Immatériel en France
Logo Patrimoine Culturel Immatériel en France

L.L-G: Objectif UNESCO ! La Ville de Nancy souhaite inscrire les Fêtes de Saint-Nicolas de Nancy au Patrimoine Culturel et Immatériel de l’Unesco. Première étape de reconnaissance des fêtes franchie : l’inscription à l’inventaire français du Patrimoine Culturel Immatériel est validée depuis le 23 novembre 2018. Pour une telle reconnaissance, les critères pris en compte sont nombreux. L’importance du patrimoine dans l’identité et la culture locale est requise, mais les aspects de transmission et d’inclusion sont également essentiels. Il est attendu des pratiques qu’elles émanent des populations et se réinventent pour mieux perdurer. Toutefois, moins visibles médiatiquement mais essentielles pour les populations concernées, ces classements nationaux et internationaux s’accompagnent de mesures de protection de l’esprit des pratiques festives et de leurs conditions de réalisation. Il s’agit ainsi pour les fêtes de Saint-Nicolas à Nancy de préserver ce qui a su les distinguer : une pluralité de pratiques, connaissances, représentations et savoir-faire, portée par des communautés variées (les communes et comités des fêtes de la métropole, les bénévoles, les services de la Ville de Nancy, les commerçants, les acteurs culturels…) réunies autour de la figure de Saint-Nicolas, réinventée chaque année.

– Qu’est ce que cette labellisation à l’Unesco apporterait à la ville de Nancy ? Pourquoi est-ce important de valoriser le patrimoine culturel et immatériel ?

Logo Unesco
Logo Unesco

L.L-G: Une reconnaissance et un fort impact touristique. Le dossier de candidature va être déposé à l’Unesco par la France en 2021. Ce label protégerait les fêtes de Saint-Nicolas. Avec ce label, il est en effet impossible de changer fondamentalement les choses. Cela permettrait de conserver précieusement le ressort de la labellisation: le défilé, l’esprit de cette grande fête des enfants et des familles, l’implication de tous les acteurs, à commencer par ses habitants.La reconnaissance de l’Unesco, sera un levier précieux pour le tourisme extra-européen. Une partie des festivités se déroule sur la place Stanislas, déjà inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1983.À Nancy, après la reconnaissance par le Ministère de la culture, une perspective internationale se dessine avec le projet d’une candidature internationale des fêtes de Saint-Nicolas à l’Unesco. Espoirs et interrogations entourent ce projet car si les labellisations patrimoniales œuvrent à la préservation, elles offrent aussi une visibilité accrue pouvant s’accompagner de dérives. Il n’y a en effet pas une, mais des Saint-Nicolas qui, toutes ensemble, contribuent à faire des Fêtes de Saint-Nicolas ce qu’elles sont aujourd’hui. La Saint-Nicolas religieuse, minoritaire à présent, la Saint-Nicolas familiale, celle des écoliers, la Saint-Nicolas qui se développe autour des nouvelles manifestations mises en place et auxquelles adhèrent les populations séduites par cette offre culturelle qui se déploie dans la ville. Enfin, la Saint-Nicolas touristique qui donne l’image d’une spécificité remarquable, capable d’attirer des visiteurs venus d’ailleurs, objet de fierté pour ceux qui la font et la vivent depuis toujours à la condition bien sûr que ce développement et cette mise en lumière ne nuisent pas à cette tradition à la fois séculaire et vivace.

Je tiens à remercier Mme Lylette Lacôte-Gabrysiak pour sa contribution à cet article ainsi que pour son travail de mise en valeur des Fêtes de Saint-Nicolas.

Photo Saint Nicolas
Photo Saint Nicolas
Photo Saint Nicolas
Photo Saint Nicolas


Le château de Lunéville redéfinit sa stratégie de développement dans le respect du patrimoine et de son histoire

Le château de Lunéville est un monument historique ayant accueilli les ducs de Lorraine et des grandes figures du XVIIIe siècle comme Voltaire ou Montesquieu. Aujourd’hui propriété du Département de Meurthe-et-Moselle, le château fait l’objet d’une mise en valeur patrimoniale, d’un projet de développement et accueille une programmation culturelle intense. Nous en avons discuté avec Michaël Blasquiet, responsable administratif du château.

Entrée du château avec une statue équestre
Cour du château de Lunéville

N.P : Quel est le rôle, l’intérêt de communiquer au sens large pour un monument comme le château de Lunéville ?
Michaël Blasquiet : Le château est un site culturel et touristique. Notre première vocation est donc de partager avec les publics l’histoire de Lunéville, du duché de Lorraine et proposer notre programmation culturelle. Le château a une histoire forte. Communiquer, c’est avant tout valoriser ce patrimoine et nos activités culturelles. Et pour pouvoir se développer, il faut forcément faire venir des visiteurs, il faut donc aller le chercher et lui permettre de connaître notre monument et notre programmation.


N.P : Privilégiez-vous des pistes particulières de développement ?
M.B : Nous réalisons actuellement une étude de préfiguration. Elle a pour but de définir un nouveau projet de développement du château avec le souhait de repositionner et de conforter nos activités autour de l’histoire du site, du territoire et de la thématique des métiers d’art. Ce travail est réalisé en partenariat avec la Région Grand Est, la ville de Lunéville, la Communauté de communes du Territoire de Lunéville à Baccarat, l’État et la Banque des Territoires. Nos pistes d’évolution sont donc décidées et validées par l’ensemble de ces institutions. Nous écrivons aujourd’hui notre stratégie de développement sur le moyen et le long terme. L’idée, est de se développer dans le respect du patrimoine. Nous en sommes garants.

N.P : Les associations peuvent-elles échanger et proposer des idées ?
M.B : Nous avons eu un temps d’échange sous forme de tables rondes avec les associations mais aussi avec les acteurs économiques locaux durant la phase d’état des lieux de l’étude. Un site Internet a également été créé afin que toute personne intéressée puisse donner ses idées. L’ensemble des commentaires a fait l’objet d’une analyse et a permis d’alimenter le projet de développement qui doit être prochainement validé par les institutions partenaires et le Département. Mais ce n’est pas parce que nous sommes à une étape de définition d’un projet d’avenir pour le château que nous devons arrêter de le faire vivre au quotidien. Nous avons chaque année environ 100 000 visiteurs par an qui participent à toutes les activités proposées. C’est-à-dire à la programmation culturelle mise en œuvre par le Département avec des concerts, des expositions et des grands événements, mais aussi les manifestations des associations et structures « résidentes » ou partenaires. Les associations viennent ainsi alimenter la programmation événementielle et culturelle du château. Lorsque les événements des partenaires prennent leur sens avec le projet de développement, il est important de les accompagner et les soutenir.


N.P : Avec quels autres partenaires travaillez-vous et comment ?
M.B : Nous travaillons avec de nombreux partenaires. Par exemple, la mission métiers d’art de la Région Grand Est pour les Journées Européennes des Métiers d’Art ou encore “La Lorraine est formidable” (N.D.L.R : événement touristique grand public sur la Lorraine). Pour ce dernier, nous nous sommes dit qu’il serait intéressant pour eux et pour le projet de développement du château que cet événement s’y déroule. Nous les avons donc accueillis en 2019 et 35 000 visiteurs sont venus découvrir les richesses de la Lorraine durant tout un week-end à Lunéville. Il en sera de même en 2020. Il est évident que ce type de partenariat vient alimenter la dynamique touristique du château. Nous avons aussi des partenaires
institutionnels qui nous apportent un soutien financier pour l’entretien et la gestion du site : la ville de Lunéville, la région Grand Est, ou encore la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC).

Logo du château de Lunéville

N.P : Comment se distinguer face à la communication de tous les autres monuments ?
M.B : C’est une bonne question ! C’est au cœur de l’étude de préfiguration lancée en 2018. Il faut avant tout conforter l’identité et l’histoire du château. Nous avons déjà créé une nouvelle identité visuelle avec le logo. Mais attention, une communication sans contenu n’est pas pertinente. Il faut donc principalement se distinguer au niveau des choix culturels et événementiels. Prenons par exemple le son et lumière organisé l’été dernier au château. Nous avons souhaité nous différencier avec un spectacle plutôt pédagogique racontant l’histoire de Stanislas à Lunéville. Ceci permet également de compléter l’offre de son et lumière sur le territoire meurthe-et mosellan. Une dynamique touristique “Week end son et lumière en Lorraine” pourrait ainsi être créée pour des publics de régions voisines ou des parisiens.


N.P : Comment se déroule le choix d’événements culturels au sein du château ?
M.B : Comme on a pu le voir nous nous reposons beaucoup sur l’histoire du château et nous prenons évidemment en compte nos capacités d’accueil ou d’organisation. Par exemple, la chapelle, lieu de spectacle, ne se prête pas bien à une représentation théâtrale car cela demande des coûts humains et financiers importants. Nous avons donc laissé la thématique théâtrale de côté, tout au sachant que nous sommes voisins de la Méridienne, scène conventionnée à Lunéville. Nous nous sommes donc plus orientés sur une offre de concerts classique et contemporain. Des concerts classiques pouvant être en lien avec l’histoire des ducs de lorraine, et des concerts contemporains (musiques du monde, jazz…) afin d’offrir une pluralité et permettre à nos publics de découvrir des styles différents. Et pour faire le lien avec votre précédente question nous choisissons aussi des événements distinguants. L’événementiel d’envergure permet de mieux faire connaître le site. « La nuit des jardins de lumière » qui permet de redécouvrir le site en nocturne avec des installations artistiques atypiques en est le bon exemple. L’événement se prête bien au parc des Bosquets (N.D.L.R : il s’agit des jardins du parc du château d’une superficie de plus de 20 hectares), et la période de février est adéquate car l’offre événementielle sur le territoire est réduite. Résultat, plus de 10 000 visiteurs en une soirée en 2019. Et pour les expositions, nous nous appuyons principalement sur le savoir-faire des équipes du musée présentes sur le site. Le château de Lunéville est en effet un château musée, labellisé Musée de France.

N.P : Est-ce que vous travaillez avec les hôtels, les restaurants, les commerces autour du château ?
M.B : Actuellement, les activités du château bénéficient à la dynamique économique du lunévillois. Nous sollicitons les hôtels et les restaurants pour loger les artistes et les intervenants qui participent à la programmation culturelle. Le projet de développement intègre une dimension plus touristique afin de donner des moyens permettant de mieux travailler avec les hôteliers, les restaurateurs, les commerces et la Maison du Tourisme. Il permettra de mettre en œuvre des offres commerciales de type « week-end ou semaine château à Lunéville » intégrant des nuitées dans les hôtels, des déjeuners-dîners gastronomiques, des entrées pour les expositions, les événements ou les spectacles. Et il ne faudra pas se limiter au territoire du lunévillois car les touristes ne s’arrêtent pas à ce type de frontière. Il faut également développer les offres avec les opérateurs économiques de toute la région.

Propos recueillis par Nathanaël Pierret

2019 : l’État toujours en faveur des logiciels libres ?

Maîtrise des coûts, recherche d’efficacité, développement des nouvelles technologies, l’État français fait-il toujours preuve d’un grand enthousiasme vis-à-vis de l’utilisation de logiciels libres ?

Qu’est-ce qu’un logiciel libre ?

Un logiciel libre est un logiciel qui est soumis aux droits de son auteur, ce dernier définit les droits donnés à l’utilisateur. Aujourd’hui, on distingue trois types de licences libres qui sont réparties par famille selon le degré de liberté qui leur est accordé en terme de redistribution. Le degré le plus faible est celui du domaine public, dans ce cas, le logiciel appartient à tout le monde, donc les droits d’auteurs ont expiré. Ils existent d’autres types de licences : licences libres strictes, licences semi-libres. 

En résumé, un logiciel est considéré comme libre seulement s’il garantit quatre libertés fondamentales :

  • La liberté d’utiliser le logiciel ;
  • La liberté de copier le logiciel ;
  • La liberté d’étudier le logiciel ;
  • La liberté de modifier le logiciel et de redistribuer les versions modifiés.

Voici donc quelques exemples de logiciels libres : 

  • Lecteur média : VLC ;
  • Traitement de l’image : Gimp, Inkscape ;
  • Bureautique : OpenOffice.org ;
  • Traitement du son : Audacity ;
  • Éditeur de texte : Notepad ++ ;

Naissance 

Jusque dans les années 70, les logiciels offraient aux utilisateurs la possibilité de modifier les réglages permettant d’utiliser le matériel informatique puisque l’accès au code source était considéré comme normal. À cette époque, la notion de droit d’auteur s’appliquant aux logiciels n’était pas réellement définie. Cependant, dès le début des années 80, des licences d’utilisations apparaissent et les éditeurs de logiciels commencent à être reconnus. De cette façon, la vente de logiciels devient importante et l’accès, l’étude ou encore l’amélioration des codes sources est impossible, et même interdite. Richard Stallman qui est alors chercheur dans un institut de technologie au Massachusetts a l’idée de créer au cours des années 80 un projet nommé GNU ainsi qu’une fondation, la Free Software Foundation. Cette dernière définira avec précision le principe du logiciel libre ce qui donnera lieu à un cadre juridique précis concernant le développement du libre en toute légalité. 

L’État recommande la solution libre

Logo du SILL
Logo du SILL

Pendant de nombreuses années, les administrations françaises utilisaient de façon majoritaire des outils issus d’éditeurs de licence notamment la suite Microsoft. Toutefois, une dimension économique et un questionnement sur leur efficacité ont poussé l’État à inciter l’utilisation des logiciels libres au sein des administrations ou encore des collectivités. C’est ainsi que le 31 août 2011, François Fillon alors Premier ministre demande aux ministres de veiller à la généralisation de l’usage de format libre et ouvert par les administrations. En revanche, la plus grande implication de l’État dans ce domaine reste la publication le 9 septembre 2012 de la circulaire de Jean Marc Ayrault, Premier ministre qui par ce document définit les orientations pour l’usage du logiciel libre dans l’administration. 

 Les administrations qui ont opté pour le logiciel libre.
Les administrations qui ont opté pour le logiciel libre.

Aujourd’hui, on constate que les administrations et les collectivités ont encore pour une majorité d’entre elles des partenariats avec les géants américains. Pourtant, en 2018 près d’un tiers des collectivités se serait équipée de cette solution suite à des restrictions budgétaires. De plus, Pascal Kuczynski, délégué général de l’Association des développeurs et des utilisateurs de logiciels libres pour les administrations et les collectivités territoriales (Adullact), assure qu’il y aurait plus d’une dizaine de milliers de collectivités territoriales qui auraient opté pour le libre. Le logiciel libre est donc en constante progression, cela grâce à l’influence de l’État sur l’utilisation du libre par les collectivités et les administrations. Cette influence passe notamment par la diffusion chaque année du SILL (Socle Interministériel des logiciels libres) qui est une liste de logiciels libres recommandés par l’État. Instauré pour la première fois en mai 2013, le SILL 2019 a lui été communiqué en mai dernier, l’intérêt de l’État pour les logiciels libres est donc toujours d’actualité. 

Les enjeux du libre au sein de l’État

Les logiciels libres deviennent de véritables enjeux pour l’État, car en premier lieu, on observe que ce dernier consomme les logiciels libres, d’un côté en les utilisant dans les Directions des Systèmes d’Information mais également par les agents publics dans leur quotidien. Ensuite, on se rend compte que certaines administrations développent et publient elles-mêmes des logiciels libres. Cela devient un véritable enjeu car ça permet de créer des solutions qui sont conçues pour répondre aux mieux aux besoins des utilisateurs mais en plus, lorsqu’ils sont partagés, ces logiciels contribuent aux biens communs numériques. Les logiciels libres offrent également à tous ceux qui les utilisent une sécurité supérieure à celle des autres logiciels grâce à notamment la rapidité du maintien du niveau de sécurité. Un des enjeux majeurs du passage au libre est également la dimension économique. En effet, le passage au libre n’est pas totalement gratuit, il engendre tout de même des coûts liés aux services car le logiciel doit correspondre aux besoins de l’entité qui l’utilise. Toutefois, les dépenses restent moindres par rapport à une dépense liée à l’acquisition d’une licence. 

Le Libre sur la place à Nancy : retours d’expériences et innovations publiques.

Les manifestations concernant le logiciel libre se multipliant, le mardi 26 novembre 2019 s’est déroulée la quatrième édition du Libre sur la place à l’hôtel de ville de Nancy. Cette journée à l’initiative de la Direction Nancy Ville Numérique s’adresse à tous les acteurs des collectivités territoriales, mais également à d’autres organismes publics ou citoyens lambda qui portent un intérêt à l’innovation publique. 

Nancy Ville Numérique est une association indépendante créée en 2009. Elle mobilise plusieurs entreprises de différentes tailles issues de divers secteurs d’activités réunies par l’exercice d’une activité sur le territoire métropolitain de Nancy. Ces entreprises se regroupent autour d’une vision commune : donner un élan d’initiatives pour permettre le rassemblement du meilleur de l’Homme et du Digital afin de contribuer à la construction de la société de demain. 

Affiche de la 4e édition du Libre sur la place
Affiche de la 4e édition du Libre sur la place.

Depuis maintenant quatre années, la ville de Nancy en partenariat avec la direction de Nancy Numérique, organise cet événement pour partager et échanger autour des logiciels libres. Cette année encore, des témoignages des administrations qui ont fait le pari du logiciel libre viennent agrémenter le programme de la journée. En effet, un des principaux objectifs du libre sur la place est de partager les expériences positives des administrations vis-à-vis de l’utilisation du libre. Au-delà de ça, la présentation de ces ressentis permet de créer un réseau, et même une communauté autour de l’utilisation des logiciels libres. 

Accessible à tous, le logiciel libre est sans conteste devenu une véritable alternative, appréciée pour la liberté de modification, de partage et d’utilisation qu’elle offre.

L’utilisation des réseaux sociaux dans la récolte de don, bonne ou mauvaise idée ?

Du 20 au 23 septembre dernier, 54 streamers1 étaient rassemblés à Montpellier afin de récolter des dons pour l’Institut Pasteur lors du Z Event. Comment ? Chaque streamer a présenté un live sur la plateforme Twitch pendant plus de 50H00 en jouant à différents jeux tels que League Of Legends, World Of Warcraft, Fortnite etc. Résultat ? 3,5 millions d’euros de dons ont été recueillis. Une question se pose : pourquoi un tel succès ?

Les campagnes publicitaires classiques à l’usage des plateformes digitales

Source : Les Restos du Coeur, données de la campagne 2017-2018.

On connaît tous ces grandes associations françaises : Les Restos du Coeur, le Téléthon, la Fondation Abbé Pierre etc.  Ces dernières organisent chaque année des campagnes de donations sur des périodes données. Leur communication passe par l’achat d’espaces publicitaires avec les moyens médias, dits “traditionnels” : l’affichage, la télévision, la radio ou encore la presse écrite. De plus, des numéros de téléphone ou des agences physiques sont instaurés afin de récolter des dons. Les Restos du Coeur récoltent des dons alimentaires, pécuniers, de jouets, de vêtements etc. dans des agences présentes dans toutes la France.

Depuis quelques années, la communication et les moyens de récolte des dons se démocratisent par le biais des réseaux sociaux. L’emplois des campagnes de  crowdfunding2 ou des dons sur Facebook sont d‘excellents exemples d’outils participant aux campagnes de dons. 

Une histoire de cible

En 2018, l’influenceur français Jérôme Jarre créé la Love Army, accompagnée d’une campagne de crowdfunding, en vue de récolter des fonds pour les Rohingyas, chassés de Birmanie. 2 milliards de dons ont été récoltés en quelques jours. Tout comme le Z Event, ces mouvements mettent en avant des influenceurs connus de tous. Les grandes associations françaises comme les Restos du Coeur mettent elles aussi en avant des personnalités publiques notamment lors du concert des Enfoirés, rendez-vous annuels pour le public français. 

Cependant, la cible n’est pas la même. Il est donc normal qu’il y ait des différences de dons ou même des records dépassés. En effet, pour le Z Event, la cible correspondait aux personnes passionnées par le monde du gaming. L’effet de groupe des donneurs durant le live

Des moyens de financement controversés ?

Ces outils de récoltes de dons posent problème. Par exemple, Facebook propose des rassembler des dons pour des anniversaires depuis 2017. Lorsque que la date approche, Facebook nous propose de faire un don pour une association à but non lucratif répertoriée dans leur liste. Tout est fait pour que nous soyons rassuré : Facebook assure, dans les pages d’aide, le transfert pécunier est direct avec l’association. Cependant un doute lié à la confiance avec les utilisateurs subsiste quant à ce transfert.

Par ailleurs, cette plateforme pose aussi problème dans le choix des associations. Facebook assure que le choix des associations est étudié au cas par cas dans le but de ne pas avoir à faire face à des problèmes tels que Paypal a pu connaître. En effet, en 2017, un groupuscule d’extrême droite a lancé une campagne de don qui avait pour but de contrarier le travail des ONG en méditerranée.

Promouvoir une cause et inciter aux dons est le but des associations caritatives. Cette démarche altruiste est une démarche parfaite pour les réseaux sociaux, qui propulsent les campagnes de donations. Mais on peut émettre des doutes sur la confiance que l’on doit avoir en eux. Finalement l’utilisation caritative de ces plateformes nous poussent à nous poser une autre question : à qui cela profite-t-il le plus ?